Glossaire — M

Morula

La morula est un stade précoce de l’embryogenèse formé par l’accumulation de nombreux blastomères après les premières divisions du zygote. Chez les poissons téléostéens à œuf riche en vitellus, cette masse cellulaire occupe généralement le blastodisque au pôle animal : elle ne constitue pas nécessairement une sphère pleine englobant tout l’œuf.

Formation

La segmentation produit des blastomères de plus en plus petits, tandis que le volume global de l’œuf fécondé varie peu. Chez de nombreux téléostéens, les sillons de division restent limités au blastodisque et ne traversent pas la masse vitelline. La morula apparaît alors comme un amas bombé de cellules disposées en plusieurs couches au-dessus du vitellus.

Le mot vient de la ressemblance historique avec une petite mûre. Cette image est utile pour reconnaître une masse multicellulaire compacte, mais elle ne décrit pas fidèlement toutes les espèces. Dans une étude de l’hybride de poissons-chats Pseudoplatystoma corruscans × P. fasciatum, la morula formait par exemple un amas en « demi-baie » au pôle animal.

Passage à la blastula

La limite entre morula et blastula dépend du système de stadification. Elle peut reposer sur le nombre et la disposition des cellules, l’apparition d’espaces intercellulaires, l’organisation du blastoderme ou des changements du cycle cellulaire. Chez le poisson-zèbre Danio rerio, la série de référence passe directement d’une période de segmentation à une période blastula et n’emploie pas la morula comme grande période autonome.

Il n’existe donc pas de nombre universel de blastomères définissant la morula chez tous les poissons. Un seuil utilisé pour une espèce, une température et une méthode d’observation ne doit pas être généralisé.

Observation

En aquaculture ou en laboratoire, ce stade renseigne sur la poursuite des divisions, mais son seul aspect ne suffit pas à conclure à la viabilité future de l’embryon. L’identification doit suivre une table propre à l’espèce et tenir compte de la température d’incubation, de la transparence de l’œuf et de l’angle d’observation.

Références

  • Faustino F., Nakaghi L. S. O., Marques C., Ganeco L. N. et Makino L. C. (2010). « Structural and ultrastructural characterization of the embryonic development of Pseudoplatystoma spp. hybrids ». The International Journal of Developmental Biology, 54, 723–730. https://doi.org/10.1387/ijdb.082826ff
  • Kimmel C. B., Ballard W. W., Kimmel S. R., Ullmann B. et Schilling T. F. (1995). « Stages of embryonic development of the zebrafish ». Developmental Dynamics, 203, 253–310. https://doi.org/10.1002/aja.1002030302

Échangeons sur votre projet et vos besoins.

Nous contacter