Développement de l'oeuf
Le développement de l’œuf désigne l’ensemble des transformations qui conduisent, après la fécondation, du zygote à un embryon capable d’éclore. Chez les poissons, cette succession comprend la segmentation, la blastula, la gastrulation, la mise en place de l’axe embryonnaire et l’organogenèse. Sa durée et ses repères morphologiques varient fortement selon l’espèce et les conditions d’incubation.
Premières étapes
Après la fécondation, le zygote se polarise et un blastodisque se distingue au pôle animal chez de nombreux téléostéens. Les stades de segmentation correspondent à des mitoses rapides qui produisent des blastomères de plus en plus nombreux et petits.
Certaines tables reconnaissent ensuite une morula, lorsque les cellules forment une masse en plusieurs couches. D’autres passent directement des stades numérotés de segmentation à la blastula. Pendant la blastula, le blastoderme s’organise, les cycles cellulaires changent et les premiers mouvements d’épibolie commencent.
Gastrulation et formation de l’embryon
La gastrula est marquée par des mouvements qui étendent le blastoderme sur le vitellus, internalisent des cellules et organisent les feuillets embryonnaires. Les principaux axes du corps se précisent, puis la région embryonnaire s’allonge.
Les périodes suivantes associent neurulation, formation des somites, différenciation des régions céphalique et caudale et organogenèse. Les battements cardiaques, la pigmentation, les mouvements et la libération de la queue apparaissent dans un ordre propre au groupe étudié. L’éclosion dépend à la fois de la maturité de l’embryon et des propriétés de l’enveloppe de l’œuf.
Stadification
Il n’existe pas une séquence universelle de huit ou trente stades applicable à tous les poissons. Une table peut privilégier le nombre de cellules, une autre le pourcentage d’épibolie, le nombre de somites ou des caractères visibles avant l’éclosion. Les termes employés et les limites entre périodes doivent donc être rattachés à une espèce et à une méthode.
Chez Danio rerio, la série de référence distingue les périodes zygote, segmentation, blastula, gastrula, segmentation somitique, pharyngula et éclosion. Dans d’autres téléostéens, « segmentation » désigne uniquement les premières divisions cellulaires ; il faut alors éviter de la confondre avec la segmentation du tronc en somites.
Température et interprétation
La température modifie la vitesse de développement, souvent sans changer l’ordre général des événements dans l’intervalle compatible avec l’espèce. Un âge exprimé seulement en heures après fécondation reste donc incomplet sans température d’incubation. La qualité de l’eau, l’oxygénation, les caractéristiques parentales et les manipulations peuvent également influer sur la survie ou la morphologie.
Pour comparer des lots, il faut utiliser des repères morphologiques définis, consigner la température et observer plusieurs œufs. Un retard ou une asymétrie ne doit pas être interprété isolément comme une cause précise de non-viabilité.
Références
- Kimmel C. B., Ballard W. W., Kimmel S. R., Ullmann B. et Schilling T. F. (1995). « Stages of embryonic development of the zebrafish ». Developmental Dynamics, 203, 253–310. https://doi.org/10.1002/aja.1002030302
- Warga R. M. et Kimmel C. B. (1990). « Cell movements during epiboly and gastrulation in zebrafish ». Development, 108, 569–580. https://doi.org/10.1242/dev.108.4.569
- Faustino F., Nakaghi L. S. O., Marques C., Ganeco L. N. et Makino L. C. (2010). « Structural and ultrastructural characterization of the embryonic development of Pseudoplatystoma spp. hybrids ». The International Journal of Developmental Biology, 54, 723–730. https://doi.org/10.1387/ijdb.082826ff