Stades de segmentation
Les stades de segmentation correspondent aux premières divisions mitotiques du zygote, qui produisent successivement des blastomères sans augmentation importante du volume total de l’embryon. Chez de nombreux poissons téléostéens, la segmentation est méroblastique et discoïdale : les sillons divisent le blastodisque au pôle animal, mais ne traversent pas la masse vitelline.
Déroulement
Après la fécondation, le zygote entre dans une série de mitoses. Chaque division augmente le nombre de blastomères et réduit leur taille moyenne. Les premiers stades sont couramment nommés d’après le nombre de cellules visibles : 2, 4, 8, 16, 32 ou 64 cellules. Les plans de division et leur synchronie deviennent ensuite plus difficiles à suivre individuellement.
Dans un œuf riche en vitellus, le cytoplasme embryonnaire se concentre dans le blastodisque. La segmentation n’est donc pas « incomplète » au sens d’un défaut : il s’agit d’une organisation normale adaptée à la distribution du vitellus chez ces espèces.
Cycle cellulaire précoce
Le clivage embryonnaire est une succession de mitoses, et non un mécanisme distinct de la mitose. Les premiers cycles peuvent être très rapides et comporter des phases de croissance réduites ou absentes. Chez le poisson-zèbre Danio rerio, les neuf premiers cycles sont synchrones et durent environ quinze minutes dans les conditions de référence ; la transition de mi-blastula débute au cycle suivant avec l’allongement et la désynchronisation des cycles. Ces valeurs sont propres au modèle et à sa température d’élevage.
Limites de stadification
La morula peut être distinguée lorsque les cellules forment une masse en plusieurs couches, mais certaines tables passent directement des stades numérotés à la blastula. Le nombre de cellules ne suffit donc pas à établir une correspondance universelle entre espèces.
La vitesse de segmentation dépend notamment de la température, de l’espèce et de la qualité des gamètes. Pour comparer des lots d’œufs, il faut employer les mêmes conditions d’incubation et une table morphologique validée, plutôt qu’un horaire fixe après fécondation.
Références
- Kimmel C. B., Ballard W. W., Kimmel S. R., Ullmann B. et Schilling T. F. (1995). « Stages of embryonic development of the zebrafish ». Developmental Dynamics, 203, 253–310. https://doi.org/10.1002/aja.1002030302
- Kane D. A. et Kimmel C. B. (1993). « The zebrafish midblastula transition ». Development, 119, 447–456. https://doi.org/10.1242/dev.119.2.447
- Faustino F., Nakaghi L. S. O., Marques C., Ganeco L. N. et Makino L. C. (2010). « Structural and ultrastructural characterization of the embryonic development of Pseudoplatystoma spp. hybrids ». The International Journal of Developmental Biology, 54, 723–730. https://doi.org/10.1387/ijdb.082826ff