Photosensibilisation
La photosensibilisation est l’augmentation d’un effet biologique nocif lorsqu’une molécule absorbant la lumière, appelée photosensibilisateur, est présente dans les tissus et reçoit des longueurs d’onde capables de l’activer. Chez les poissons, elle peut provoquer des lésions cutanées, mais aussi renforcer la toxicité de contaminants chez les œufs, les larves ou d’autres stades exposés.
Mécanisme
Après absorption d’un photon, le photosensibilisateur passe dans un état excité. Il peut transférer de l’énergie ou des électrons à des molécules voisines et produire des espèces réactives, notamment de l’oxygène singulet et des radicaux. Les membranes, protéines et acides nucléiques peuvent alors être endommagés. L’effet dépend simultanément de la dose du composé, de son accumulation, du spectre et de l’intensité lumineuse, de l’oxygène disponible et de la durée d’exposition.
Cette réaction diffère d’une lésion causée directement par les ultraviolets en l’absence de sensibilisateur. Elle ne correspond pas nécessairement à une allergie : beaucoup de réactions phototoxiques sont photochimiques et ne nécessitent pas de réponse immunitaire préalable.
Chez les poissons
Des lésions épidermiques photosensibilisées ont été reproduites chez des salmonidés exposés à des agents phototoxiques et à la lumière ultraviolette. Dans l’environnement, certains hydrocarbures aromatiques polycycliques absorbés peuvent aussi devenir des composés plus toxiques sous rayonnement ultraviolet ; des effets sur l’éclosion, le cœur ou le développement ont été mesurés chez des embryons de poissons.
La présence de rougeurs ou d’érosions ne suffit pas à diagnostiquer une photosensibilisation. La plausibilité dépend de l’exposition à un composé absorbant la lumière, de la chronologie, du spectre reçu, de la profondeur et de la transparence de l’eau. Une différence d’effet entre des expositions comparables avec et sans les longueurs d’onde activatrices renforce l’hypothèse phototoxique.