Benzocaïne
La benzocaïne est un anesthésique local de type ester, correspondant chimiquement à l’ester éthylique de l’acide 4-aminobenzoïque. Elle est peu soluble dans l’eau. Chez les poissons, une exposition dans un bain peut produire une sédation ou une anesthésie ; la réponse dépend du produit, de l’espèce, de l’état du poisson et des conditions de l’eau. Le nom de la substance ne définit pas un protocole utilisable pour toutes les espèces.
Action et exposition
Cette molécule appartient aux anesthésiques locaux qui diminuent la conduction nerveuse par action sur les canaux sodiques. Lors d’une administration dans l’eau, elle peut franchir les surfaces respiratoires branchiales et rejoindre la circulation. L’effet d’un bain ne se limite donc pas à un contact superficiel avec la peau.
La faible solubilité rend la formulation importante : la teneur du produit, le véhicule utilisé et son homogénéisation influencent l’exposition réelle. Un produit commercial contenant de la benzocaïne ne se confond pas avec la substance pure. Une même quantité de produit ne produit pas nécessairement la même concentration de principe actif avec deux formulations différentes.
Variabilité de la réponse
La revue de Zahl et ses collaborateurs souligne que l’anesthésie des poissons doit être appréciée selon ses effets sur l’animal et son bien-être. La profondeur de l’anesthésie, la durée d’exposition et la récupération sont des dimensions distinctes. La température, l’espèce et les conditions physiologiques peuvent modifier la réponse.
Le rapport de l’Agence européenne des médicaments consacré aux Salmonidae décrit des études de distribution, de métabolisme et d’élimination de la benzocaïne chez des poissons, notamment la truite arc-en-ciel. Ces résultats documentent leurs conditions expérimentales ; ils ne fixent pas une concentration universelle ni un temps d’attente valable pour n’importe quel produit.
La ventilation, l’équilibre et les réactions aux stimulations servent à suivre l’effet anesthésique. Une perte d’équilibre ne suffit pas à conclure que toutes les fonctions sensibles sont abolies. Une exposition excessive peut compromettre la respiration et la récupération. Le choix d’un anesthésiant demande donc une appréciation vétérinaire du poisson, de l’intervention et de la formulation.
Résidus et autorisation du médicament
Le rapport européen EMEA/MRL/811/01-FINAL, daté de novembre 2001, traite de l’extension de la classification des résidus aux Salmonidae pour un usage anesthésique par bain. Il distingue cet usage de la classification générale de la benzocaïne comme anesthésique local chez les animaux producteurs d’aliments.
Une évaluation des résidus examine la sécurité des denrées pour le consommateur. Elle ne constitue pas, à elle seule, une autorisation de mise sur le marché ni une prescription pour une espèce donnée. La disponibilité et les conditions d’emploi d’un médicament doivent être établies à partir de son autorisation et de ses informations réglementaires actuelles.
Les données d’une étude et une classification de substance sont donc utiles pour comprendre la benzocaïne, mais ne suffisent pas à déterminer un traitement, une durée d’exposition ou les conditions de remise d’un poisson dans la chaîne alimentaire.
