Carassin

Le carassin commun, Carassius carassius, est un cyprinidé d’eau douce eurasiatique. Il vit surtout dans les étangs, bras morts, fossés et petites eaux lentes riches en végétation. Sa tolérance remarquable au manque d’oxygène favorise sa survie dans des milieux stagnants, mais elle ne le protège ni de la dégradation durable de l’habitat ni des interactions avec d’autres carassins introduits.

Biologie et tolérance à l’anoxie

Le carassin commun se nourrit de petits invertébrés, de détritus et de matières végétales. La reproduction a lieu dans les eaux peu profondes et végétalisées ; les œufs adhésifs sont déposés sur les plantes. La croissance, la fécondité et l’âge de maturité varient avec la température, les ressources et la densité.

À basse température, l’espèce peut survivre longtemps sans oxygène. Ses réserves de glycogène alimentent la glycolyse et une voie métabolique particulière transforme une partie du lactate en éthanol, éliminé par les branchies. Cette adaptation limite l’acidification des tissus pendant l’hiver sous la glace. La tolérance diminue lorsque la température et les besoins métaboliques augmentent ; une réoxygénation rapide constitue elle-même un stress oxydant.

Identification et hybridation

Le corps est généralement haut, sans barbillons, avec une longue nageoire dorsale. Carassius carassius peut être confondu avec le carassin argenté (Carassius gibelio), le poisson rouge retourné à une coloration sauvage (Carassius auratus) et leurs hybrides. La couleur, la hauteur du corps ou le péritoine pris isolément ne suffisent pas toujours.

Les caractères méristiques et morphométriques améliorent l’identification, mais les hybrides et certains biotypes restent difficiles à reconnaître visuellement. Les marqueurs génétiques et l’analyse de la ploïdie permettent de séparer plus sûrement les lignées dans les inventaires et les programmes de conservation. L’hybridation complique l’identification et le suivi des populations. L’étude de Jeffries et ses collaborateurs publiée en 2024 documente des hybridations, mais ne trouve pas de preuve d’introgression entre les taxons échantillonnés : observer un hybride ne démontre pas, à lui seul, un transfert durable de gènes entre populations.

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