Cellule ciliée sensorielle
Une cellule ciliée sensorielle est un mécanorécepteur spécialisé qui transforme un déplacement mécanique en signal électrique. Sa surface apicale porte un faisceau ordonné de stéréocils, généralement associé chez les poissons à un kinocil. Malgré son nom, elle ne propulse pas activement le liquide comme le font certaines cellules munies de cils mobiles.
Mécanotransduction
Les stéréocils sont disposés selon une hauteur croissante. Leur déflexion vers le côté le plus haut tend les liens apicaux reliant les éléments du faisceau et augmente l’ouverture de canaux mécanosensibles. Des ions entrent alors dans la cellule, modifient son potentiel électrique et entraînent la libération d’un neurotransmetteur vers les fibres nerveuses afférentes.
Une déflexion dans la direction opposée réduit l’ouverture des canaux et la libération du neurotransmetteur. Cette polarité permet de coder la direction et l’intensité d’un mouvement. Le kinocil contribue à l’organisation et à l’orientation du faisceau, même lorsque son rôle mécanique varie avec l’organe et le stade de développement.
Localisation chez les poissons
Dans l’oreille interne, les cellules ciliées participent à l’audition, à la perception des accélérations et au maintien de l’équilibre. Elles détectent le mouvement relatif entre l’épithélium sensoriel et des structures telles que les otolithes ou les liquides de l’oreille.
Dans la ligne latérale, elles sont regroupées dans des neuromastes. Leur faisceau est inclus dans une cupule gélatineuse déplacée par les mouvements d’eau. Le système renseigne ainsi le poisson sur les courants proches, les obstacles, les proies ou les déplacements d’autres animaux.
Chez de nombreux poissons, des cellules ciliées de l’oreille interne et de la ligne latérale peuvent être remplacées après une lésion à partir de cellules de soutien. Cette capacité de régénération, bien étudiée chez le poisson-zèbre, contraste avec le renouvellement très limité de ces récepteurs chez les mammifères adultes.