Chambrage

Le chambrage correspond à la formation de cavités anormales dans l’épaisseur ou sur la face interne de la coquille d’un bivalve. Décrit notamment chez l’huître creuse Magallana gigas, il résulte d’une réaction de l’animal qui dépose de nouvelles couches coquillières autour d’une irritation ou d’une zone altérée. Les chambres peuvent renfermer de l’eau, des sédiments fins, des débris organiques ou un organisme perforant.

Origines et conséquences

Les polychètes perforants du genre Polydora creusent des galeries dans la coquille. Lorsque ces galeries atteignent sa face interne, le bivalve les recouvre de matériau coquillier ; des sédiments peuvent alors rester emprisonnés et former une « poche de vase ». La microstructure des galeries et les traces laissées par les soies du ver contribuent à reconnaître cette origine.

Un aspect voisin a aussi été observé après exposition au tributylétain, ancien composé antisalissure. Dans ce cas, le chambrage peut exister sans polychète. Une chambre n’établit donc pas à elle seule sa cause : sa localisation, son contenu, la présence de galeries ou d’organismes et l’historique du site éclairent l’interprétation.

Le chambrage déprécie surtout la présentation commerciale et peut fragiliser une coquille très atteinte. Son intensité n’est toutefois pas un indicateur direct de l’état des tissus mous : une étude de terrain sur le tributylétain n’a pas mis en évidence de relation simple entre le nombre de chambres et le poids ou la condition des huîtres.

Chambrage d’une coquille d’huître

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