Chimioréception
La chimioréception est la détection de molécules ou d’ions par des cellules sensorielles spécialisées. La liaison d’un composé à un récepteur est convertie en activité nerveuse, ce qui renseigne l’animal sur une source alimentaire, un partenaire, un prédateur ou les propriétés chimiques de son environnement.
Modalités sensorielles
Chez les poissons, l’olfaction analyse les substances dissoutes qui traversent les cavités nasales et atteignent l’épithélium olfactif. Ces cavités ne participent pas à la respiration. Les neurones olfactifs projettent vers le bulbe olfactif, où l’activité combinée de nombreux récepteurs permet de distinguer des mélanges complexes.
La gustation détecte surtout les composés au contact de bourgeons gustatifs. Selon l’espèce, ceux-ci se trouvent dans la bouche, sur les lèvres, les barbillons, les nageoires ou la peau. D’autres cellules chimiosensorielles surveillent notamment l’oxygène, le dioxyde de carbone ou le pH et participent aux réponses ventilatoires et physiologiques.
Fonctions chez les animaux aquatiques
La chimioréception intervient dans la recherche de nourriture, l’évitement des prédateurs, l’orientation, la reproduction et la reconnaissance de congénères. Un composé émis parce qu’il remplit une fonction de communication constitue un signal ; une substance issue du métabolisme ou d’une lésion peut fournir un indice exploité par un autre organisme sans avoir évolué pour cette fonction.
La réponse ne dépend pas seulement d’une molécule isolée. Le rapport entre plusieurs constituants, leur ordre d’arrivée et leur concentration forment une signature chimique. Le courant transporte et fragmente cette information en panaches, que les mouvements de l’animal et l’échantillonnage bilatéral peuvent aider à localiser.
Limites
La forme chimique, la concentration, le débit sur le récepteur, la température, la salinité et le pH modulent l’accès du stimulus aux cellules sensorielles. Les seuils varient aussi avec l’espèce, le stade de développement, l’acclimatation et l’état physiologique. Une exposition prolongée peut entraîner une adaptation sensorielle et réduire la réponse malgré la persistance du composé.
La chimioréception désigne la détection et le traitement sensoriel. Un déplacement orienté le long d’un gradient relève du chimiotactisme, tandis qu’une modification non orientée de l’activité locomotrice correspond à une chimiocinèse.