Classification fonctionnelle
Une classification fonctionnelle regroupe des organismes, des structures ou des procédés selon leurs effets, leurs rôles écologiques ou un ensemble de traits liés à une question donnée. Elle décrit une ressemblance de fonctionnement plutôt qu’une parenté taxonomique et complète ainsi les classifications fondées sur les lignées évolutives.
En écologie
Les organismes aquatiques peuvent être regroupés selon leur régime alimentaire, leur mode de déplacement, leur position dans l’habitat, leur taille, leur stratégie reproductive ou leur réponse aux perturbations. Les poissons herbivores, les prédateurs piscivores ou les espèces fouisseuses sont des exemples de groupes fonctionnels, mais le choix des catégories dépend du processus étudié.
Une approche par traits utilise des caractéristiques mesurables à l’échelle de l’individu, telles que la masse corporelle, la forme de la bouche, la profondeur occupée ou la fécondité. Elle relie ensuite ces traits à une performance ou à un effet sur l’écosystème. Un trait n’est donc « fonctionnel » que relativement à la fonction analysée et à une relation étayée entre la caractéristique et cette fonction.
Portée et limites
Un même taxon peut appartenir à plusieurs groupes fonctionnels et changer de rôle selon son stade de vie, sa taille, la saison ou l’habitat. Des espèces éloignées peuvent exercer une fonction comparable par des mécanismes différents; inversement, deux espèces proches peuvent avoir des fonctions distinctes.
Les catégories, seuils et variables retenus déterminent le résultat de la classification. Une coupure arbitraire peut masquer un continuum de tailles ou de régimes alimentaires, et des traits corrélés peuvent surreprésenter une même dimension écologique. Une classification fonctionnelle est ainsi un modèle analytique construit pour une question, non une propriété unique et immuable des organismes.