Classification des procédures selon leur degré de gravité
La classification de la gravité des procédures répartit les utilisations scientifiques d’animaux vivants selon la douleur, la souffrance, l’angoisse ou le dommage durable qu’elles peuvent provoquer. Dans l’Union européenne, la directive 2010/63/UE définit quatre catégories : sans réveil, légère, modérée et sévère. Cette classification concerne l’expérience vécue par l’animal ; elle ne mesure ni l’intérêt scientifique du projet, ni sa difficulté technique.
Les quatre catégories
Une procédure sans réveil se déroule entièrement sous anesthésie générale et l’animal ne reprend pas conscience. Le simple recours à une anesthésie ne suffit donc pas à classer une procédure dans cette catégorie : une intervention suivie d’un réveil relève des autres catégories selon ses effets prévisibles.
Une procédure légère peut entraîner une douleur, une souffrance ou une angoisse légère de courte durée. Elle ne provoque pas d’altération significative du bien-être ou de l’état général. Un geste bref n’est cependant pas automatiquement léger ; sa nature, le site concerné et les moyens d’atténuation comptent aussi.
La catégorie modérée comprend notamment des effets modérés de courte durée ou des effets légers de longue durée, ainsi qu’une altération modérée du bien-être ou de l’état général. La catégorie sévère comprend des effets sévères ou des effets modérés de longue durée, ainsi qu’une altération sévère du bien-être ou de l’état général. La durée peut donc modifier la catégorie sans que l’intensité maximale d’un épisode augmente.
Évaluation avant la procédure
L’évaluation prospective examine les effets les plus graves susceptibles d’être subis par un animal après application des mesures de réduction de la souffrance prévues. Elle considère l’ensemble de la procédure : manipulation, transport pertinent, exposition, prélèvements, intervention, récupération et conséquences durables. L’accumulation de gestes légers peut avoir un effet différent de chacun pris isolément.
L’espèce, le stade de développement, l’état de santé, les conditions de maintien et l’expérience antérieure de l’animal interviennent dans cette appréciation. Chez les poissons, une altération de la ventilation, de la nage, de l’alimentation ou des relations au groupe peut contribuer à l’évaluation. Les signes utilisables doivent être adaptés à l’espèce et au protocole.
L’anesthésie, l’analgésie, les adaptations du milieu et les points limites réduisent les effets attendus lorsqu’ils sont efficaces. Ils ne rendent pas automatiquement la procédure légère. Leur effet doit être intégré à l’évaluation, avec les risques et contraintes qu’ils peuvent eux-mêmes introduire.
Gravité réellement observée
La gravité rétrospective repose sur les effets réellement subis par chaque animal pendant la procédure. Elle peut différer de la prévision. Le suivi documente l’intensité, la durée, les répétitions et les signes de récupération ou d’aggravation, plutôt que de retenir uniquement l’aspect de l’animal à la fin de l’expérience.
Les points limites permettent d’intervenir avant une dégradation devenue inacceptable. Ils doivent être définis à l’avance, reliés à des observations réalisables et accompagnés d’une conduite à tenir. Une intervention précoce peut limiter la souffrance ; elle ne supprime pas les effets déjà subis.
La catégorie attribuée ne remplace ni l’évaluation bénéfices-dommages du projet, ni l’autorisation applicable, ni le suivi du bien-être. Deux protocoles portant le même nom peuvent relever de catégories différentes si leur durée, leurs effets ou leurs mesures de réduction de la souffrance diffèrent.