Cosmopolite

Une espèce est dite cosmopolite lorsque son aire de répartition couvre une très grande partie du globe et traverse plusieurs régions biogéographiques ou bassins océaniques. Le qualificatif décrit l’étendue géographique connue d’un taxon, non sa présence dans chaque localité. Il s’applique aussi à des genres ou à d’autres groupes, mais sa portée dépend toujours de l’échelle taxonomique considérée.

Une distribution étendue, mais discontinue

Une espèce cosmopolite n’occupe pas nécessairement tous les milieux compris entre ses populations. Température, salinité, profondeur, disponibilité des hôtes, substrat ou barrières continentales peuvent fragmenter fortement son aire. Chez les organismes marins, des occurrences dans plusieurs océans peuvent résulter d’une grande capacité naturelle de dispersion, du transport par les courants ou d’introductions associées aux navires, à l’aquaculture et aux échanges de matériel biologique.

Le terme se distingue de circumglobal, qui décrit une distribution entourant largement le globe dans une bande donnée, et de « pantropical », réservé à une présence dans les régions tropicales de plusieurs océans. « Cosmopolite » demeure donc un qualificatif plus général et ne renseigne pas, à lui seul, sur l’abondance ni sur la continuité des populations.

Incertitudes taxonomiques

Des ressemblances morphologiques ont historiquement conduit à réunir sous un même nom des populations très éloignées. Les analyses moléculaires ont ensuite révélé, dans plusieurs taxons marins réputés cosmopolites, des lignées correspondant à des espèces cryptiques. À l’inverse, une structure génétique complexe peut aussi conserver la trace de dispersions humaines répétées. Une aire mondiale est donc une hypothèse biogéographique révisable avec la taxonomie, les séquences génétiques et les données d’occurrence géoréférencées.

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