Courbe de mortalité
Une courbe de mortalité représente la survenue des décès au cours du temps dans une population définie. En santé aquatique, elle transforme les enregistrements quotidiens d’un bassin, d’un lot ou d’un site en profil épidémiologique. Elle montre le début apparent, la vitesse d’évolution, les pics et la résolution éventuelle d’un épisode, sans en déterminer seule la cause.
Formes de représentation
Une série incidente affiche les nouveaux décès par heure, jour ou semaine. Une courbe cumulée additionne tous les décès depuis le début et ne peut que croître. La survie décrit au contraire la proportion encore vivante. Ces représentations répondent à des questions différentes et ne possèdent pas la même forme.
Le nombre brut de morts dépend de la taille du lot. Une proportion ou un taux de mortalité rapporte les événements à la population exposée et facilite les comparaisons. Les entrées, sorties, transferts, abattages et retraits d’animaux morts modifient le dénominateur au cours du temps. Une biomasse initiale ne remplace pas le nombre d’individus lorsque la taille des poissons varie fortement.
L’intervalle temporel agit sur le profil : des classes trop larges fusionnent plusieurs pics, tandis que des classes très courtes amplifient les fluctuations aléatoires. Le moment observé du décès diffère parfois de son moment réel lorsque les inspections sont espacées ou que les carcasses restent difficiles à détecter.
Interprétation d’un épisode
Une hausse brutale et simultanée dans plusieurs unités peut orienter vers un événement commun, tandis qu’une progression entre bassins suggère une diffusion ; ces formes ne prouvent toutefois aucune cause. Les traitements, tris, transferts, température et changements de détection modifient aussi la courbe. Son interprétation associe les signes cliniques, la qualité de l’eau, les examens et la mortalité habituelle.
Un pic court peut suivre une hypoxie, une intoxication ou une manipulation aiguë. Une montée progressive est compatible avec une transmission, une exposition persistante ou une dégradation chronique, sans être spécifique de l’une de ces hypothèses. Plusieurs pics peuvent refléter des expositions répétées, des cohortes distinctes ou simplement un calendrier d’observation.
La mortalité de fond varie avec le stade, la densité, la saison et le système d’élevage. La comparaison avec une période antérieure repose sur une détection et un dénominateur comparables. Une baisse après intervention reste une association temporelle tant que l’évolution naturelle, les retraits d’animaux sensibles et les changements concomitants ne sont pas écartés.