Delta
Un delta est un édifice sédimentaire construit à l’embouchure d’un cours d’eau lorsque l’apport de particules dépasse leur redistribution par la houle, les marées et les courants. Il associe généralement une plaine émergée parcourue de chenaux distributaires, un front deltaïque incliné et un prodelta sous-marin plus fin. Toute embouchure n’est donc pas un delta : dans un estuaire, les processus marins remanient davantage les apports fluviaux.
Construction et fonctionnement
À l’arrivée dans une mer ou un lac, le courant ralentit et perd une partie de sa capacité de transport. Les matériaux grossiers se déposent près des embouchures distributaires, tandis que les limons et les argiles gagnent des zones plus profondes. L’accumulation fait progresser le rivage vers le large, phénomène appelé progradation. Des crues, une rupture de levée ou une pente devenue insuffisante peuvent déplacer le chenal principal : cette avulsion redistribue l’eau et les sédiments vers un nouveau lobe.
La forme du delta résulte d’un équilibre mobile. Les deltas dominés par le fleuve développent souvent des lobes allongés ; la houle tend à lisser le rivage ; les marées organisent des chenaux et bancs tidaux. La subsidence, la compaction des sédiments, les tempêtes et les variations du niveau marin modifient aussi sa géométrie.
Enjeux écologiques
Les mosaïques de chenaux, vasières, marais, lagunes et eaux saumâtres offrent des habitats de reproduction, d’alimentation et de croissance à de nombreuses espèces aquatiques. Leur position très basse les rend toutefois sensibles au déficit sédimentaire, à l’endiguement, aux extractions, à l’affaissement du sol et à l’élévation du niveau marin. La stabilité d’un delta dépend donc autant de la continuité des apports fluviaux que des processus côtiers qui les redistribuent.