Dépistage des ranavirus
Le dépistage des ranavirus recherche l’ADN de virus du genre Ranavirus chez des amphibiens apparemment sains ou dans une population surveillée. La PCR conventionnelle ou quantitative est la méthode la plus courante. Le dépistage se distingue du diagnostic d’une ranavirose, qui met en relation l’agent, les signes, les lésions et les résultats complémentaires. La cible et le domaine de validation doivent être connus, car un essai ne détecte pas nécessairement tous les ranavirus avec la même performance.
Choix des échantillons
La probabilité de détection dépend fortement du tissu et de l’état de l’animal. Chez un animal mort ou euthanasié, le foie, le rein ou d’autres organes internes peuvent être informatifs. Chez un animal vivant, un prélèvement non létal, tel qu’un écouvillon ou une petite biopsie selon l’espèce et le protocole, peut être utilisé, mais ses performances ne sont pas nécessairement équivalentes à celles des organes internes. Le choix concilie bien-être animal, objectif sanitaire et validation de la méthode.
Les ranavirus peuvent circuler à faible charge ou de façon inégale entre organes. Le stade de développement, l’espèce, la température, l’évolution de l’infection et la conservation modifient la sensibilité. La sélection doit inclure les espèces, classes d’âge et unités épidémiologiques pertinentes. Le regroupement n’est acceptable que si la dilution et la performance ont été évaluées pour la matrice concernée.
Méthode et assurance qualité
La PCR quantitative permet de détecter et parfois d’estimer une quantité relative de cible. Cette estimation dépend de l’étalon, de la cible virale, de la masse ou du nombre de cellules et de l’efficacité d’extraction. La normalisation par une cible de vertébré peut aider à comparer des échantillons, sans corriger toutes les différences de tissu ou de prélèvement.
Des témoins négatifs de prélèvement et d’extraction, un témoin positif et un contrôle d’inhibition encadrent le diagnostic moléculaire. Les critères applicables aux résultats faibles ou discordants sont établis avant l’analyse. La séparation des zones de laboratoire et les mesures de biosécurité des amphibiens limitent les contaminations et les transferts entre animaux.
Signification d’une détection
Une PCR positive atteste la présence de la cible virale, sans démontrer à elle seule que le virus est viable ou qu’il cause une maladie. Lors d’un épisode clinique, l’histopathologie, l’isolement viral, le séquençage ou une PCR de confirmation peuvent étayer le lien entre infection, lésions et mortalité. Une détection environnementale ou superficielle doit être distinguée d’une infection tissulaire.
Un résultat négatif ne porte que sur le prélèvement, le moment de collecte et la limite de détection. Pour un groupe, le dépistage tient compte du nombre d’animaux, des stades représentés, du type d’échantillon et de la période. Des résultats négatifs ne justifient pas l’abandon de la biosécurité lorsque l’exposition, la mortalité ou le risque de circulation persistent.