Espace alluvial
L’espace alluvial est l’ensemble du fond de vallée constitué et remanié par les dépôts d’un cours d’eau. Il comprend le chenal actif, les bancs, la plaine d’inondation, des bras secondaires ou abandonnés et les alluvions sous-jacentes. Cette unité associe des formes du relief et leurs échanges hydrologiques ; elle dépasse la surface en eau observée au moment d’un relevé.
Une construction mobile
Le cours d’eau érode, transporte et dépose des sédiments. Les crues remanient les bancs, déplacent les berges et peuvent ouvrir ou fermer des chenaux. Les surfaces ainsi renouvelées n’ont pas toutes la même granulométrie, le même âge ni la même fréquence d’inondation. Cette hétérogénéité favorise une mosaïque de milieux, depuis les dépôts récemment découverts jusqu’aux boisements riverains plus anciens.
La plaine alluviale constitue le principal compartiment de surface, mais elle ne résume pas tout l’espace alluvial. Le chenal et ses annexes participent au fonctionnement de l’ensemble, tout comme les sédiments perméables sous le lit. La distinction est utile lorsqu’une carte représente uniquement les formes de terrain alors qu’une étude porte sur les échanges d’eau et de matière.
Relations avec les eaux souterraines
Le cours d’eau peut alimenter la nappe alluviale ou recevoir de l’eau souterraine. Le sens et l’intensité des échanges dépendent notamment des niveaux d’eau et de la perméabilité des dépôts. Ils varient dans l’espace et au cours du temps. Un lit colmaté ou une couche moins perméable peut limiter les connexions : la proximité géographique d’une nappe et d’une rivière ne prouve pas un échange uniforme.
Délimitation et altérations
La topographie, les cartes géologiques, les anciens tracés et les indices de dépôts fluviaux permettent de délimiter cet espace. Son enveloppe ne se confond pas nécessairement avec celle d’une crue donnée, ni avec une limite administrative du lit majeur. L’objectif et l’échelle temporelle de la délimitation influencent le résultat.
Les digues, la fixation des berges, les barrages et les extractions de granulats peuvent modifier les flux et la mobilité. L’incision du chenal peut aussi abaisser les niveaux d’eau et déconnecter des annexes. L’analyse hydromorphologique relie ainsi la forme actuelle de la vallée aux processus qui entretiennent ses habitats, plutôt que de considérer l’espace alluvial comme une simple bande riveraine.