Formation de bancs
La formation de bancs désigne le regroupement social de poissons qui maintiennent une proximité et coordonnent, à des degrés variables, leur orientation et leurs déplacements. Ce comportement collectif émerge des réponses de chaque individu à ses voisins et au milieu. Il peut apparaître, se relâcher ou disparaître rapidement selon le risque, les ressources, l’état physiologique et les conditions physiques.
Banc polarisé ou agrégation
Un banc polarisé se caractérise par une orientation commune et des déplacements synchronisés. Un groupe social moins polarisé, appelé shoal dans une partie de la littérature anglophone, conserve une attraction entre individus sans direction collective stable. Une agrégation résulte plutôt d’une attraction indépendante vers une ressource, un abri, une zone de courant ou une condition physicochimique ; elle peut réunir plusieurs espèces sans interaction sociale soutenue.
La polarisation, la vitesse, la distance au plus proche voisin, la cohésion et la forme du groupe décrivent des dimensions différentes du comportement. Un banc peut ainsi rester cohésif tout en tournant, en se divisant, en fusionnant avec un autre groupe ou en alternant entre progression orientée et mouvement peu polarisé.
Fonctions et déterminants
Le regroupement peut réduire le risque individuel de prédation par dilution, accroître la détection d’une menace et propager rapidement les changements de direction. Il peut aussi favoriser la localisation de nourriture ou de partenaires. Des expériences de respirométrie chez le danio géant ont montré une économie locomotrice dans certaines configurations, mais l’avantage hydrodynamique dépend de l’espèce, de la vitesse et de la position de chaque individu ; il ne constitue pas une propriété universelle de tous les bancs.
Les coûts comprennent la compétition alimentaire, l’exposition accrue du groupe à certains prédateurs et la transmission facilitée d’agents infectieux ou de parasites. Taille, polarisation et espacement changent avec l’espèce, le stade, la lumière, le courant, l’oxygène dissous, la faim et la menace. La grégarité constitue donc un trait plastique et contextuel plutôt qu’un état permanent de l’espèce.