Granulomatose

Une granulomatose est un état pathologique caractérisé par des granulomes multiples, regroupés dans un organe ou répartis dans plusieurs tissus. Chez les poissons, ce terme décrit la distribution d’un type de lésion inflammatoire. Il ne constitue pas le nom d’un agent infectieux et ne suffit pas à déterminer la cause, la contagiosité ou la gravité de l’affection.

Une description de l’étendue des lésions

Un granulome est un foyer organisé riche en macrophages, parfois épithélioïdes, associé à un stimulus persistant. Le terme granulomatose porte sur la multiplicité de ces foyers. Les lésions peuvent rester localisées, être multifocales dans un même organe ou intéresser plusieurs organes. Cette distinction renseigne sur leur distribution, sans démontrer à elle seule le trajet de dissémination.

À la nécropsie, certains granulomes apparaissent comme de petits nodules pâles ou pigmentés dans le rein, la rate, le foie ou d’autres tissus. D’autres ne sont visibles qu’au microscope. Des nodules macroscopiques ne sont pas nécessairement des granulomes : leur nature inflammatoire dépend de l’organisation cellulaire observée en histologie.

L’âge des foyers peut varier au sein d’un même poisson. Des lésions peu organisées coexistent parfois avec des nodules encapsulés, nécrotiques ou plus fibreux. Une description du nombre et de la distribution complète donc l’examen de leur structure, au lieu de le remplacer.

Plusieurs causes possibles

Les mycobactérioses constituent une cause importante de granulomatose chez les poissons, mais elles n’en sont pas la seule origine. D’autres infections bactériennes, certaines infections fongiques ou parasitaires et des réactions à du matériel étranger peuvent produire des lésions granulomateuses. Le nom décrit la réponse de l’hôte, non une famille unique de microorganismes.

La réaction dépend aussi des capacités immunitaires de l’espèce et de la persistance du stimulus. Des modèles expérimentaux chez les téléostéens montrent la participation de plusieurs populations cellulaires, dont des macrophages, des cellules épithélioïdes et parfois des mélanomacrophages. Ces derniers existent également sous forme d’agrégats physiologiques dans certains organes ; leur seule présence ne prouve pas une inflammation granulomateuse.

De la lésion au diagnostic étiologique

L’enquête associe les lésions au contexte : espèces touchées, évolution des mortalités, introduction d’animaux, signes externes et répartition des cas. Aucun de ces éléments pris isolément n’identifie l’agent causal. Une atteinte multiviscérale est compatible avec une diffusion interne, sans établir que la maladie se transmet entre poissons.

L’histologie caractérise les foyers et oriente les examens complémentaires. Les colorations pour bactéries acido-alcoolo-résistantes, les cultures, la recherche parasitaire et l’amplification d’acides nucléiques par réaction en chaîne par polymérase, ou PCR, répondent à des hypothèses différentes. Une coloration négative n’exclut pas toute mycobactériose ; inversement, la détection d’un ADN microbien ne décrit pas à elle seule son rôle dans toutes les lésions.

Le pronostic dépend de la cause, des organes atteints et de l’évolution clinique, pas seulement du nombre de nodules visibles. Il n’existe donc pas de traitement unique de « la granulomatose ». Certaines mycobactéries associées aux poissons présentent aussi un risque zoonotique lors du contact d’une plaie avec l’animal ou son milieu. Ce risque appartient à l’étiologie suspectée ou démontrée, et non à toute lésion granulomateuse par définition.

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