Harem
En éthologie, un harem est un groupe social dans lequel un mâle entretient un accès reproducteur privilégié à plusieurs femelles. Le terme décrit une organisation sociale ou un système d’accouplement polygynique ; il n’impose aucun nombre minimal universel de femelles et ne signifie pas que toutes les fécondations reviennent nécessairement au même mâle.
Organisation sociale et reproduction
Un mâle peut maintenir le groupe en défendant directement les femelles ou un territoire contenant des ressources utiles. La taille et la stabilité du harem varient avec la distribution des partenaires, la densité, la qualité de l’habitat, la saison reproductive et la capacité du mâle à repousser ses concurrents. Des mâles satellites ou furtifs peuvent obtenir des fécondations, et les femelles peuvent se déplacer entre groupes : harem social et parenté génétique ne coïncident donc pas toujours.
Chez certains poissons récifaux hermaphrodites protogynes, la structure sociale intervient aussi dans le changement de sexe. Chez le labre nettoyeur Labroides dimidiatus, par exemple, la disparition du mâle dominant lève l’inhibition sociale du changement de sexe de la femelle dominante. Les modifications du comportement et la transformation de la gonade n’ont pas nécessairement la même vitesse ; un comportement mâle peut apparaître avant la pleine capacité de produire des spermatozoïdes. Ce mécanisme documenté pour cette espèce et d’autres poissons récifaux ne se généralise pas à tous les systèmes en harem.
Le harem se distingue d’un lek, où plusieurs mâles défendent des sites de parade rapprochés visités par des femelles sans constituer avec elles un groupe social stable. Il se distingue aussi de la simple polygynie génétique, qui peut être observée sans association durable entre les partenaires.