Hétérosis
L’hétérosis, ou vigueur hybride, est la supériorité moyenne de descendants issus d’un croisement entre populations ou lignées génétiquement distinctes par rapport à la moyenne de leurs parents pour un caractère donné. Il peut concerner la survie, la croissance, la fécondité ou la résistance, mais son intensité varie selon le caractère, les parents et l’environnement.
Mesure et mécanismes
L’hétérosis par rapport à la moyenne parentale compare la performance des descendants à la moyenne des deux groupes parentaux. L’hétérosis par rapport au meilleur parent, ou hétérobeltiose, la compare au parent le plus performant. Des interactions de dominance entre allèles, la compensation d’allèles délétères et des interactions entre loci peuvent y contribuer. Le phénomène est souvent plus marqué pour des caractères liés à l’aptitude biologique et chez des lignées ayant subi une dépression de consanguinité.
Il s’exprime généralement en pourcentage : pour la moyenne parentale, on rapporte l’écart entre la moyenne des descendants et celle des deux parents à cette dernière. Une comparaison valide demande des lots contemporains, un protocole commun et des effectifs suffisants. Sans ce dispositif, un avantage attribué au croisement peut en réalité provenir de la taille des œufs, de l’âge des géniteurs, des conditions d’incubation ou d’une différence de conduite d’élevage.
Usage en aquaculture
Le croisement de souches peut exploiter l’hétérosis, mais un hybride artificiel n’est pas automatiquement plus performant. Les effets génétiques se confondent facilement avec les effets maternels, ceux de l’écloserie et ceux du milieu d’élevage lorsque parents et descendants ne sont pas comparés dans un dispositif commun. Le bénéfice observé en première génération peut diminuer ou devenir imprévisible dans les générations suivantes par recombinaison. La gestion séparée des lignées reproductrices conserve la possibilité de reproduire le croisement, tandis que la fuite de poissons croisés peut transférer des gènes aux populations locales lorsque les descendants sont fertiles.
L’effet varie selon le caractère : un croisement peut améliorer la croissance sans améliorer la survie, ou présenter un avantage dans un environnement et aucun dans un autre. Les croisements réciproques révèlent d’éventuels effets maternels et cytoplasmiques lorsque la performance change selon le sexe de la lignée utilisée comme parent. La fertilité des descendants et la variabilité du résultat entre familles déterminent aussi la reproductibilité du gain en élevage.