Kinase dépendante des cyclines
Une kinase dépendante des cyclines, ou CDK, est une protéine enzymatique de la famille des sérine/thréonine kinases, généralement activée par association avec une cycline régulatrice. Les CDK contrôlent notamment la division cellulaire et la transcription. Le nom de la famille ne signifie pas que tous ses membres remplissent la même fonction ni que leur activité varie toujours au rythme du cycle cellulaire.
Catalyse et partenaire régulateur
Ces enzymes transfèrent un groupement phosphate de l’ATP vers certaines sérines ou thréonines de protéines cibles. Cette phosphorylation modifie leurs propriétés, leurs interactions ou leur localisation. La CDK constitue la sous-unité catalytique ; la cycline apporte un partenaire régulateur qui modifie sa conformation et contribue au choix des substrats.
L’association ne suffit pas toujours à obtenir l’activité maximale. Des phosphorylations activatrices ou inhibitrices et des protéines inhibitrices interviennent également. La quantité de kinase présente dans une cellule ne donne donc pas directement sa vitesse de réaction. Il faut distinguer l’abondance de la protéine, son association à un partenaire et l’état fonctionnel du complexe.
Ordonner les étapes de la division
Dans le cycle cellulaire, différentes activités CDK contribuent à enchaîner la préparation de la réplication, la duplication de l’ADN et la mitose. Les variations de disponibilité des cyclines, leur dégradation et les modifications de phosphorylation rendent possibles des changements d’activité au cours du temps.
Chez les mammifères, les complexes associant CDK4 ou CDK6 à des cyclines D participent à la progression en G1. CDK2 intervient avec plusieurs cyclines autour de l’entrée en phase S et pendant la réplication, tandis que CDK1 joue un rôle majeur dans l’entrée en mitose. Ce schéma fournit des repères ; il ne décrit pas une succession absolument exclusive de protéines. Certaines fonctions se recouvrent et les possibilités de compensation dépendent du contexte cellulaire.
Les signaux de croissance et les mécanismes de contrôle de l’intégrité du génome modulent ces activités. Une cellule peut ainsi retarder une transition plutôt que poursuivre la division alors que les conditions sont défavorables. Les CDK exécutent une partie de ces décisions biochimiques, au sein d’un réseau de régulation plus large.
Des fonctions au-delà du cycle cellulaire
La famille comprend aussi des kinases impliquées dans la transcription, notamment à travers la phosphorylation de protéines associées à l’ARN polymérase II. Plusieurs CDK combinent des fonctions liées à la division et à l’expression des gènes. La séparation entre « CDK du cycle » et « CDK transcriptionnelles » est donc utile, mais incomplète.
CDK5 illustre une autre limite du nom : chez les mammifères, elle peut être activée par les protéines p35 et p39, qui ne sont pas des cyclines classiques. On ne peut donc pas déduire un mécanisme identique pour tous les membres à partir de la seule appellation CDK.
Interpréter une observation expérimentale
La détection d’un ARN ou d’une protéine CDK indique une présence ou un niveau d’expression. Elle ne démontre pas, à elle seule, l’activation de la kinase ou la multiplication des cellules. L’interprétation peut demander des mesures de phosphorylation, une identification des partenaires ou un essai d’activité.
Chez les poissons, comme dans d’autres modèles, le nom d’un gène et son homologie fournissent un point de départ. L’attribution d’une fonction précise doit rester liée à l’espèce, au tissu et aux résultats disponibles. Une inhibition observée en culture ne constitue pas une indication thérapeutique chez un animal aquatique.