Lévamisole
Le lévamisole est un anthelminthique de la famille des imidazothiazoles et l’énantiomère lévogyre du tétramisole. Il cible surtout certains nématodes en activant des récepteurs nicotiniques de l’acétylcholine de leurs muscles. La contraction puis la paralysie du ver facilitent son expulsion, mais le spectre, l’efficacité et la tolérance varient selon le parasite, l’hôte et la voie d’administration.
Mécanisme et limites du spectre
Les récepteurs sensibles au lévamisole sont des canaux ioniques activés par un ligand. Leur composition en sous-unités diffère entre espèces et même entre sous-types de récepteurs d’un nématode. Cette diversité explique qu’une dose active contre un taxon ne puisse pas être extrapolée à tous les vers. Des modifications de sous-unités, de leur expression ou de l’assemblage des récepteurs participent aussi à la résistance aux anthelminthiques cholinergiques.
Le lévamisole n’est pas un traitement universel des parasites de poissons. Les cestodes, trématodes, protozoaires et arthropodes ne partagent pas nécessairement cette cible. Les stades tissulaires ou les œufs peuvent également répondre différemment des nématodes adultes présents dans la lumière digestive. L’identification parasitaire et la localisation de l’infestation conditionnent donc la pertinence du principe actif.
Usage vétérinaire chez les poissons
L’exposition peut se faire par voie orale ou, selon une spécialité autorisée et son résumé des caractéristiques, par une autre voie adaptée à l’espèce. La température de l’eau, l’alimentation, l’état des branchies, la biomasse réellement traitée et le renouvellement du milieu influencent l’exposition. Une concentration d’aquarium trouvée hors d’un cadre réglementaire ne démontre ni l’efficacité ni l’innocuité d’un traitement.
Chez un poisson destiné à l’alimentation, l’autorisation du médicament, les limites maximales de résidus et le temps d’attente sont déterminants. L’évaluation européenne historique du lévamisole mentionne des espèces terrestres productrices de denrées ; elle ne vaut pas, à elle seule, autorisation pour les poissons. Le rejet d’eau traitée et les organismes non ciblés font aussi partie de l’évaluation du risque.