Lobe céphalique
Un lobe céphalique est une expansion de la partie antérieure d’une nageoire pectorale, située près de la bouche chez certaines raies myliobatiformes. Les deux appendices sont particulièrement visibles chez les mantas et les autres raies du genre Mobula, mais existent aussi sous des formes différentes chez des raies comme Rhinoptera. Leur anatomie et leur mobilité participent à la prise alimentaire.
Des nageoires spécialisées
Ces structures ne sont pas des cornes implantées sur le front. Elles contiennent des éléments cartilagineux articulés et des muscles, en continuité évolutive avec l’avant des nageoires pectorales. L’expression nageoires céphaliques désigne ces expansions. Leur séparation du reste de la nageoire est plus ou moins marquée selon les lignées ; l’aspect de deux longs rouleaux mobiles caractéristique des mobules ne décrit pas toutes les raies qui en possèdent.
Les comparaisons anatomiques de Mulvany et Motta montrent une organisation favorisant la flexibilité des lobes par rapport aux régions pectorales spécialisées dans la propulsion oscillatoire. Chez Rhinoptera bonasus, elles décrivent notamment une musculature associée au relèvement des lobes. La présence de pores électrosensoriels varie entre les espèces examinées et ne constitue pas un caractère uniforme de ces appendices.
Une fonction liée à l’alimentation
Chez les mobules filtreuses, les lobes se déploient près de la bouche et contribuent à orienter l’eau contenant les proies vers l’ouverture buccale. Enroulés, ils prennent l’aspect cylindrique qui a inspiré les comparaisons avec des cornes. D’autres raies utilisent leurs expansions céphaliques dans des modes de recherche et de manipulation alimentaire différents : la fonction ne se réduit donc pas partout au guidage d’eau planctonique.
Ce que montre le développement
Les travaux de McFarland et Crow relient cette spécialisation à une interruption locale de la croissance des rayons de la nageoire pectorale. Des expériences sur des embryons de petite raie, Leucoraja erinacea, montrent qu’une inhibition expérimentale de la voie de signalisation Wnt peut produire une interruption du domaine de croissance. Elles étayent un mécanisme de remodelage des nageoires ; elles ne signifient pas que cette espèce possède naturellement des lobes céphaliques comparables à ceux des mantas.