Matières en suspension
Les matières en suspension (MES), ou solides en suspension, correspondent à la fraction particulaire retenue par un filtre dans des conditions analytiques définies. Leur concentration est généralement exprimée en milligrammes de résidu sec par litre d’eau. En aquaculture, elles comprennent notamment fèces, aliments, fragments biologiques, minéraux et agrégats microbiens.
Une grandeur opérationnelle
La frontière entre matière dissoute et matière en suspension dépend du filtre, du prélèvement et de la méthode. Pour une mesure gravimétrique, un volume homogénéisé est filtré, puis le résidu est séché jusqu’à masse stable, par exemple à 103–105 °C dans la méthode EPA 160.2. La masse retenue rapportée au volume filtré donne la concentration en MES.
Les grosses particules décantables, les colloïdes et les substances véritablement dissoutes forment un continuum de tailles et de comportements. Une particule déposée au fond peut être remise en suspension par un courant, une pompe, les animaux ou une opération d’entretien. La représentativité du point et du moment de prélèvement est donc déterminante dans un bassin ou un effluent pulsé.
Enjeux
Une concentration élevée réduit la pénétration de la lumière, sollicite la filtration et peut irriter ou colmater les branchies. La sédimentation recouvre aussi les œufs, les organismes fixés et les habitats benthiques. Lorsque la fraction organique est dégradée par les microorganismes, elle consomme de l’oxygène et libère des nutriments. Taille, forme, abrasivité et composition modulent ces effets ; deux eaux à concentration égale ne présentent donc pas nécessairement le même risque.
Indicateurs associés
La turbidité mesure la diffusion de la lumière et répond à la taille, à la forme, à la couleur et à l’indice optique des particules. Elle peut suivre rapidement une dérive, mais sa relation avec les MES change avec la nature des solides. Une conversion fiable repose sur une calibration locale et temporelle.
Dans un effluent aquacole, une concentration décrit l’eau échantillonnée, tandis que la charge associe cette concentration au débit pendant une durée donnée. Une faible concentration dans un grand volume peut ainsi représenter une masse rejetée supérieure à celle d’un effluent plus concentré mais peu abondant.
