Melamphaidae
Les Melamphaidae sont une famille de petits poissons marins des zones mésopélagique et bathypélagique, appelés bigscales en anglais et parfois poissons-heaumes en français. Présents dans la plupart des océans, ils vivent loin de la lumière de surface. Leur tête volumineuse, leurs os crâniens sculptés et leurs grandes écailles cycloïdes souvent caduques caractérisent leur silhouette.
Position systématique
La classification courante d’Eschmeyer place les Melamphaidae dans l’ordre des Beryciformes, sous-ordre des Berycoidei, à proximité des Berycidae. Les classifications plus anciennes les rattachaient aux Stephanoberyciformes ou aux Stephanoberycoidei. Ce changement de rang reflète les résultats morphologiques et moléculaires sur les relations entre poissons acanthomorphes profonds.
La famille comprend notamment Melamphaes, Poromitra, Scopelogadus et Scopeloberyx. Les espèces sont généralement sombres, de petite taille et comprimées latéralement. Les crêtes de la tête, le nombre de rayons des nageoires, les branchiospines, les proportions corporelles et la disposition des pores sensoriels servent au diagnostic. Les écailles se détachent facilement lors de la capture, ce qui complique l’identification des spécimens remontés par les filets.
Vie dans la zone profonde
Les adultes occupent des profondeurs mésopélagiques à bathypélagiques. Les larves et les petits juvéniles peuvent se rencontrer plus près de la surface, avant une migration ontogénétique vers les eaux profondes. À la différence de nombreux poissons mésopélagiques qui effectuent chaque nuit une migration verticale étendue, plusieurs Melamphaidae restent principalement en profondeur ; le comportement varie toutefois entre espèces et stades.
Ils consomment de petits crustacés et d’autres organismes pélagiques. Ils sont eux-mêmes capturés par des poissons, des céphalopodes et des prédateurs plongeurs, participant ainsi au transfert de matière dans le réseau trophique profond. Leur corps peu ossifié et leur musculature modeste sont cohérents avec un milieu où les ressources sont dispersées, sans impliquer une absence de capacités sensorielles.
Adaptations au milieu profond
L’oreille interne varie fortement entre genres. La forme de l’otolithe sacculaire et le nombre d’orientations des faisceaux de cellules sensorielles diffèrent notamment entre Scopelogadus, Poromitra et Melamphaes. Ces structures indiquent des voies mécanosensorielles diversifiées ; leur conséquence précise sur l’audition et l’équilibre reste une question fonctionnelle, car une structure anatomique ne permet pas à elle seule de reconstituer la performance sensorielle.