Mortalité naturelle
La mortalité naturelle, notée M dans les modèles halieutiques, est le taux instantané regroupant les morts qui ne sont pas attribuées à la pêche. Elle peut inclure la prédation, les maladies, la sénescence, la famine et les effets de l’environnement. Sa définition exacte dépend du modèle, car certains processus non observés, comme l’émigration ou les captures non déclarées, peuvent être confondus avec M.
Un risque instantané
Lorsque M est constant pendant une année et qu’aucune pêche n’agit, la survie annuelle vaut exp(−M) et la proportion morte 1 − exp(−M). Dans un stock exploité, M et la mortalité due à la pêche F agissent simultanément ; le modèle élémentaire écrit le taux total Z = M + F. Une valeur de M n’est donc ni un pourcentage brut ni un décompte direct de cadavres.
Variations biologiques
M peut différer fortement selon l’âge, la taille, le sexe, la maturité, la saison et l’état de l’écosystème. Les œufs et les larves connaissent souvent des risques très différents de ceux des adultes. Une crise environnementale, une épizootie ou une modification de la prédation peut aussi produire une variation temporelle que les modèles à M constant ne représentent pas.
La mortalité naturelle est rarement observée directement à l’échelle d’un stock. Elle est estimée à partir de marquages, de compositions en âge ou en taille, de séries provenant de zones peu exploitées, de relations de cycle de vie ou à l’intérieur d’un modèle intégré. Elle peut être corrélée à la capturabilité, à la sélectivité et à F, ce qui rend son estimation incertaine. Cette incertitude se propage aux estimations de productivité et aux points de référence de gestion.