Nécrose
La nécrose désigne, en pathologie, la mort de cellules ou d’un territoire tissulaire au sein d’un organisme vivant, reconnue par des altérations morphologiques irréversibles. Elle peut suivre une hypoxie, un toxique, un traumatisme, une infection ou une réaction immunitaire. Ce constat décrit une lésion ; il ne désigne pas automatiquement sa cause ni un mécanisme moléculaire unique.
Aspect et évolution
La perte d’intégrité membranaire, le gonflement cellulaire, les modifications du noyau et la dégradation du tissu caractérisent classiquement la nécrose. La libération du contenu cellulaire favorise souvent une inflammation, dont l’intensité dépend du tissu, de l’étendue et de la vitesse de la lésion. Une zone nécrotique peut ensuite être éliminée, cicatriser, se minéraliser ou être colonisée par des microorganismes.
Les qualificatifs coagulative, liquéfactive, caséeuse ou graisseuse décrivent des architectures tissulaires. Leur emploi dépend de l’organe, de l’espèce et de l’examen histologique ; les catégories établies chez les mammifères ne se retrouvent pas nécessairement sous la même forme chez les poissons.
Distinction avec les voies de mort cellulaire
La nécrose morphologique a longtemps été opposée à l’apoptose, processus ordonné conservant plus longtemps la membrane. La nomenclature actuelle reconnaît toutefois des morts régulées pouvant aboutir à un aspect nécrotique, notamment la nécroptose. L’aspect microscopique ne suffit donc pas toujours à identifier la voie biochimique.
En diagnostic vétérinaire, la valeur du constat dépend de l’organe atteint, de la distribution, de l’étendue, de l’ancienneté probable et des lésions associées. Les colorations spéciales, la microbiologie, la toxicologie ou les méthodes moléculaires relient ensuite la lésion à une cause possible. Une lésion macroscopique pâle ou érosive n’établit pas à elle seule la mort irréversible des cellules sous-jacentes.