Nototheniidae
Les Nototheniidae, ou notothénidés, sont une famille de poissons marins des Notothenioidei. La plupart vivent dans l’océan Austral, tandis que plusieurs lignées occupent les eaux tempérées froides de Patagonie, de Nouvelle-Zélande et d’îles subantarctiques. Leur histoire est liée à la radiation antarctique, mais leur diversité écologique ne se réduit ni au froid extrême ni à un mode de vie strictement benthique.
Morphologie et modes de vie
Les notothénidés possèdent généralement deux nageoires dorsales, la première épineuse et la seconde à rayons mous, ainsi que de larges nageoires pectorales. La ligne latérale, les nageoires, les mâchoires et le squelette fournissent des caractères d’identification. La vessie natatoire est absente. Chez certaines espèces, une minéralisation réduite du squelette et des réserves lipidiques diminuent la densité corporelle.
Cette modulation de la flottabilité accompagne l’occupation d’habitats benthiques, benthopélagiques et pélagiques. Pleuragramma antarcticum vit ainsi largement dans la colonne d’eau, alors que de nombreux Trematomus restent associés au fond. Taille, profondeur, régime alimentaire et distribution varient fortement entre espèces ; une silhouette de « morue antarctique » ne permet pas à elle seule une identification.
Adaptation au froid et classification
Les glycoprotéines antigel se lient aux cristaux de glace et freinent leur croissance dans les liquides biologiques. Elles atteignent des concentrations protectrices chez les notothénioïdes antarctiques exposés à des eaux sous zéro. Des espèces tempérées de Nouvelle-Zélande conservent des gènes fonctionnels et de faibles quantités circulantes de ces protéines, insuffisantes pour assurer une protection comparable contre le gel.
La classification d’Eschmeyer’s Catalog of Fishes place cette famille dans les Perciformes, sous-ordre des Notothenioidei, et reconnaît les Pleuragrammatinae, Nototheniinae et Trematominae. Plusieurs phylogénies moléculaires retrouvent cependant les Nototheniidae comme paraphylétiques par rapport à d’autres familles antarctiques. Le rang familial du catalogue et l’hypothèse évolutive ne décrivent donc pas exactement le même niveau de certitude.