Osmorégulation des amphibiens
L’osmorégulation des amphibiens regroupe les mécanismes qui maintiennent le volume d’eau, la concentration des ions et l’équilibre acido-basique de leurs liquides internes. Elle repose sur une peau très perméable, les reins, la vessie et, chez les larves aquatiques, les branchies. Cette combinaison rend les amphibiens efficaces dans les échanges avec leur milieu, mais aussi sensibles aux variations de salinité et d’humidité.
Échanges par la peau
Chez de nombreux adultes, une région ventrale spécialisée absorbe l’eau au contact d’un substrat humide. Des canaux à eau, des canaux sodiques et d’autres transporteurs permettent des flux régulés plutôt qu’une simple diffusion passive. La peau assure simultanément des fonctions respiratoires, ioniques et défensives ; sa perméabilité varie selon l’espèce, la région corporelle et l’état hormonal.
Cette surface entraîne aussi une perte d’eau par évaporation sur terre. Certaines espèces réduisent cette perte par leur posture, leur activité nocturne, le choix de microhabitats humides ou des sécrétions cutanées. Une tolérance temporaire à la déshydratation ne supprime pas les conséquences circulatoires et métaboliques d’un déficit hydrique prolongé.
Reins, vessie et transitions du cycle de vie
Les reins ajustent l’excrétion d’eau et d’électrolytes, tandis que la vessie peut stocker une urine diluée puis restituer eau et ions à l’organisme. L’arginine-vasotocine et d’autres hormones modulent la perméabilité de ces épithéliums et l’expression de transporteurs. En eau douce, l’animal tend à gagner de l’eau et à perdre des ions ; en milieu salin ou pendant la dessiccation, le sens et l’intensité des contraintes changent.
Le têtard utilise notamment les branchies, l’intestin et les reins, alors que l’adulte dépend davantage de la peau et de la vessie. Les capacités diffèrent fortement entre espèces strictement dulçaquicoles, terrestres, arboricoles ou tolérantes au sel. Un déséquilibre hydrominéral peut contribuer à un œdème ou à une hydropisie des amphibiens, mais ce signe clinique possède aussi des causes infectieuses, rénales et circulatoires.