Placement d'animaux utilisés à des fins scientifiques
Le placement est la sortie encadrée d’un animal de l’utilisation scientifique vers un hébergement approprié où il ne sera plus employé dans des procédures. Il est parfois désigné par le terme anglais rehoming. Il se distingue de la réutilisation dans une nouvelle procédure et de la mise en liberté d’un animal sauvage dans son habitat.
Conditions de placement
La directive 2010/63/UE permet le placement lorsque l’état de santé de l’animal l’autorise, qu’il ne présente pas de danger pour la santé publique, la santé animale ou l’environnement et que des mesures préservent son bien-être. Un programme comportant une socialisation adaptée doit être prévu. En France, le placement est soumis à une autorisation préfectorale et à une certification vétérinaire répondant aux conditions fixées par le Code rural et de la pêche maritime.
La décision est individuelle. Elle considère l’état sanitaire et comportemental, les séquelles éventuelles, l’espérance et les conditions de vie, la capacité du destinataire et les risques du transport. Une période de préparation, des informations sur les soins et un suivi peuvent réduire le stress associé au changement de milieu. Le placement n’est pas automatiquement préférable lorsque le transfert prolongerait une atteinte ou créerait un risque que des soins appropriés ne peuvent maîtriser.
Particularités des poissons
Pour un poisson, l’aptitude au placement dépend de l’espèce, du stade de développement, du comportement social et des exigences du système d’accueil. La température, la salinité, la dureté, l’oxygénation, le volume, le courant, les abris, l’alimentation et la composition du groupe doivent être compatibles avec ses besoins. Un changement rapide de paramètres peut compromettre l’acclimatation même chez un animal apparemment sain.
Le statut microbiologique, les traitements antérieurs et l’origine génétique sont également importants. Un animal porteur d’un agent infectieux, d’une lignée génétiquement altérée ou d’un caractère invasif peut présenter un risque pour d’autres animaux ou pour l’environnement. La quarantaine, la traçabilité et la prévention de toute dissémination font donc partie de l’analyse.
Les recommandations de la FELASA proposent une démarche générale de sélection, de préparation et de transfert. Leur application aux animaux aquatiques tient compte des contraintes propres à l’eau et aux installations. Lorsque le placement ne garantit pas une qualité de vie acceptable, une prise en charge prolongée dans l’établissement ou une euthanasie appropriée peuvent constituer d’autres issues réglementaires.