Procancérogène
Un procancérogène est une substance qui doit subir une activation métabolique pour former un métabolite capable de participer à la cancérogenèse. La molécule initiale n’est donc pas nécessairement l’espèce chimique qui réagit directement avec les constituants cellulaires. Cette notion décrit un mécanisme d’activation ; elle ne constitue pas, à elle seule, une classe réglementaire de danger.
Activation métabolique
Des enzymes de biotransformation, notamment certains cytochromes P450, peuvent convertir le composé initial en métabolites intermédiaires puis en forme dite ultime. Celle-ci peut former des adduits avec l’ADN ou d’autres macromolécules. Si les lésions de l’ADN ne sont pas réparées avant la réplication, elles peuvent contribuer à des mutations dans les cellules exposées.
Le métabolisme peut aussi détoxifier le composé ou ses intermédiaires et favoriser leur élimination. Le résultat dépend donc de l’équilibre entre activation, détoxification, distribution tissulaire, réparation de l’ADN et renouvellement cellulaire. Il varie avec l’espèce, le stade de développement, le tissu, la dose, la voie d’exposition et les coexpositions ; une activation démontrée chez un mammifère ne peut pas être transposée sans données à un poisson.
Interprétation toxicologique
Le terme ne signifie pas que toute exposition provoque un cancer ni que le composé est inactif avant sa transformation. L’identification d’un danger cancérogène repose sur un ensemble de données mécanistiques, expérimentales et, lorsqu’elles existent, épidémiologiques. Les essais in vitro ajoutent souvent une fraction métabolique pour reproduire partiellement l’activation, mais ce système ne restitue pas toute la pharmacocinétique d’un organisme vivant.