Reproduction asexuée
La reproduction asexuée produit de nouveaux individus sans fusion de deux gamètes. Elle réunit plusieurs mécanismes, dont la division, le bourgeonnement, la fragmentation et certaines formes de parthénogenèse. Elle ne signifie ni absence de toute variation génétique, ni multiplication nécessairement autonome : certains systèmes unisexués dépendent d’un partenaire sans transmettre normalement son génome à la descendance.
Plusieurs mécanismes, un critère commun
La fission partage un organisme ou une cellule en descendants. Le bourgeonnement forme un nouvel individu à partir d’une région du parent. La fragmentation ne constitue une reproduction que si les fragments donnent effectivement des individus ; la simple réparation d’une partie endommagée n’augmente pas le nombre d’organismes.
La parthénogenèse correspond au développement d’un descendant à partir d’un ovocyte non fécondé. Ses modalités cellulaires ne sont pas uniformes. Selon la manière dont les chromosomes sont transmis et dont la ploïdie est maintenue ou rétablie, la descendance peut conserver très étroitement le patrimoine parental ou présenter des différences. Le terme général ne permet donc pas de prédire à lui seul une identité génétique parfaite.
Le cas de certains poissons unisexués
La majorité des poissons ne se multiplient pas par ces voies. Le molly amazone, Poecilia formosa, constitue un exemple bien documenté de gynogenèse : une interaction avec le sperme d’une espèce apparentée est normalement nécessaire au développement de l’ovocyte, mais le patrimoine paternel n’est habituellement pas incorporé à la descendance.
Ce cas montre pourquoi « asexué » et « sans partenaire » ne sont pas interchangeables. Il montre aussi qu’une population unisexuée ne peut pas être décrite uniquement par le nombre de sexes observés : le rôle des gamètes et le devenir du matériel génétique caractérisent le système. Lampert et Schartl décrivent en outre des incorporations paternelles occasionnelles, qui empêchent de transformer le fonctionnement habituel en règle absolue.
L’hybridogenèse représente un autre système de transmission, avec élimination d’une partie du patrimoine au cours du cycle. Elle ne doit pas être assimilée sans réserve à une reproduction clonale autonome. Le nom d’un mécanisme repose sur des observations de filiation et de transmission, pas sur la seule ressemblance des descendants.
Clonalité et diversité
Le mot clone décrit une parenté génétique très étroite issue d’un même patrimoine de départ. Des mutations peuvent néanmoins apparaître au fil des générations. Lorsque le mécanisme comporte une méiose ou une restitution chromosomique, d’autres sources de variation sont possibles. Un groupe d’individus semblables n’est donc pas, par cette seule observation, un clone démontré.
Inversement, la production de descendants par reproduction asexuée n’établit pas que leur survie, leur croissance ou leur tolérance aux conditions du milieu soient identiques. Le développement dépend également de l’environnement et de l’histoire des individus.
Pour décrire un organisme aquatique, les informations utiles sont le mécanisme observé, le rôle éventuel d’un partenaire et le mode de transmission héréditaire. Cette description évite de regrouper sous « clonage » des phénomènes biologiquement différents.


