Respiration buccopharyngée

La respiration buccopharyngée est l’échange gazeux à travers la muqueuse humide et vascularisée de la bouche et du pharynx. Chez les amphibiens, elle peut compléter les échanges par la peau ou les poumons. Elle se distingue de la ventilation pulmonaire : renouveler l’air de la cavité buccale ne signifie pas nécessairement que cet air est envoyé dans les poumons.

Surface d’échange et mouvements ventilatoires

Les oscillations du plancher buccal renouvellent l’air au voisinage de la muqueuse. L’oxygène et le dioxyde de carbone diffusent selon leurs gradients de pression partielle entre cette interface et les capillaires. La finesse de la barrière, son humidité et sa perfusion conditionnent l’efficacité de l’échange.

Un mouvement observable renseigne sur la ventilation de la cavité, mais ne mesure pas directement la quantité de gaz échangée. Sa fréquence ne permet donc pas, à elle seule, d’estimer la consommation d’oxygène ni de conclure à une ventilation pulmonaire efficace.

Chez la grenouille-taureau, Gans, De Jongh et Farber ont distingué les oscillations buccales des cycles qui transfèrent l’air vers les poumons. Le pompage buccal associe des mouvements et des ouvertures coordonnées ; les oscillations entre ces cycles servent principalement à renouveler l’air buccal. Les deux activités peuvent partager un mouvement du plancher sans avoir le même résultat ventilatoire.

Une contribution variable

La respiration buccopharyngée complète la respiration cutanée, mais leur part relative dépend de l’espèce, de l’activité et du milieu. Chez les salamandres sans poumons, notamment les Plethodontidae, les échanges extrapulmonaires sont indispensables. Cette dépendance ne signifie pas que la bouche et la peau contribuent toujours dans les mêmes proportions.

Une muqueuse desséchée ou mal perfusée n’offre pas les mêmes conditions d’échange qu’une surface humide et bien vascularisée. L’effet d’une maladie ou d’un changement du milieu reste toutefois indissociable des autres voies respiratoires disponibles.

En observation clinique ou comportementale, les mouvements buccaux sont ainsi interprétés avec l’état général, la posture et les conditions de maintien. Ils ne constituent pas un indicateur isolé de l’oxygénation des tissus.

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