Respiration intestinale
La respiration intestinale est une forme de respiration aérienne dans laquelle l’oxygène de l’air avalé passe dans le sang à travers une région spécialisée de l’intestin. L’air résiduel est ensuite évacué par l’anus. Chez les poissons qui l’utilisent, cette voie complète les échanges aquatiques et peut augmenter lorsque l’eau devient pauvre en oxygène, sans remplacer toutes les fonctions des branchies.
Une spécialisation du tube digestif
La région respiratoire présente une barrière de diffusion réduite et une vascularisation importante. Elle peut être séparée des portions principalement digestives, ce qui limite certaines contraintes liées à l’emploi d’un même tube pour l’alimentation et les échanges gazeux.
Chez la loche Misgurnus anguillicaudatus, les échanges aériens concernent une région postérieure spécialisée. Les travaux sur les poissons-chats Hoplosternum thoracatum et Brochis splendens, nommés ainsi dans les études originales, montrent aussi que l’air intestinal peut participer à la flottabilité. Une fonction respiratoire n’exclut donc pas une fonction hydrostatique.
Le prélèvement d’oxygène et l’élimination du dioxyde de carbone ne se répartissent pas nécessairement de la même manière. Les synthèses sur la respiration digestive indiquent une contribution surtout tournée vers l’entrée d’oxygène, alors que les branchies et la peau continuent d’assurer une grande part des autres échanges.
Des prises d’air de signification variable
Tous les poissons qui avalent de l’air ne respirent pas par l’intestin. Selon les groupes, la surface utilisée peut être une vessie gazeuse, un poumon, l’estomac ou un organe suprabranchial. Une montée à la surface ne suffit donc pas à identifier l’organe respiratoire.
La respiration intestinale peut être facultative ou fréquente même dans une eau oxygénée. Une prise d’air continue n’est toutefois pas synonyme d’une dépendance obligatoire à l’air : ces catégories décrivent des propriétés différentes, établies par des observations physiologiques.
En aquarium ou en élevage, l’accès à la surface et le comportement de l’espèce font partie des conditions respiratoires. La tolérance à une eau pauvre en oxygène ne signifie pas une tolérance à tous les défauts de qualité de l’eau. Les contraintes digestives, thermiques et comportementales restent propres à chaque espèce.