Scotopie
La scotopie est le fonctionnement de la vision lorsque l’éclairement est très faible et que les photorécepteurs les plus sensibles, généralement les bâtonnets, dominent la réponse rétinienne. Ce régime visuel existe chez de nombreux vertébrés, dont les poissons. Il décrit une condition physiologique de la vision, non un groupe écologique ni le comportement d’évitement de la lumière.
Fonctionnement
En faible lumière, l’œil privilégie la capture des photons au détriment de la résolution spatiale et temporelle. Plusieurs bâtonnets peuvent converger vers les mêmes circuits rétiniens, ce qui augmente la sensibilité mais réduit la précision de l’image. La rhodopsine absorbe une gamme de longueurs d’onde adaptée au milieu ; sa régénération après une forte exposition lumineuse contribue au délai d’adaptation à l’obscurité.
Entre la vision diurne dominée par les cônes et la scotopie se trouve un régime mésopique où cônes et bâtonnets participent ensemble. Les limites entre ces régimes dépendent de l’espèce, de l’état d’adaptation et du spectre lumineux. Une intensité qualifiée de faible pour un poisson de surface peut encore être élevée pour une espèce profonde.
Diversité chez les poissons
Les poissons profonds n’adoptent pas tous la même solution. Ils présentent des différences de taille des yeux, d’organisation rétinienne et de pigments visuels. L’étude de Musilova et de ses collaborateurs montre même plusieurs lignées ayant développé un répertoire de plusieurs opsines de bâtonnets. La vision en faible lumière ne se résume donc pas à un mécanisme identique chez tous les poissons.
La scotopie ne signifie donc ni « vie dans l’obscurité » ni photophobie. Elle se mesure par les réponses de l’œil et du système nerveux à de faibles niveaux lumineux, tandis que la préférence ou l’évitement de la lumière relève du comportement.