Sympatrique
Deux taxons ou populations sont sympatriques lorsque leurs aires de répartition se chevauchent et qu’ils peuvent se rencontrer dans l’espace et durant la période considérés. La sympatrie décrit une relation biogéographique, non un degré de parenté. Sa reconnaissance dépend de l’échelle : un chevauchement à l’échelle d’un lac peut masquer une séparation entre profondeurs, habitats ou saisons.
Portée
Le partage d’une aire n’implique ni l’usage du même microhabitat ni la reproduction entre les organismes. Des espèces sympatriques peuvent rester isolées par la profondeur, le régime alimentaire, le comportement, la période de reproduction ou des incompatibilités biologiques. La possibilité d’un croisement n’entre donc pas dans la définition spatiale du terme.
La sympatrie se distingue de l’allopatrie, où les aires sont séparées, et de la parapatrie, où elles sont adjacentes avec une zone de contact limitée. Les frontières restent sensibles à la mobilité de l’organisme : une distance infranchissable pour une larve peut être parcourue régulièrement par un adulte migrateur.
La spéciation sympatrique correspond à l’acquisition d’un isolement reproductif sans séparation géographique complète. Une distribution actuelle en sympatrie n’établit pas à elle seule ce scénario historique : un contact secondaire après une phase allopatrique produit la même configuration présente. Les analyses génomiques de poissons de lacs de cratère révèlent ainsi des histoires mêlant divergence locale et flux de gènes externes.