Toxicité pharmacologique
La toxicité pharmacologique regroupe les effets nocifs provoqués par une substance médicamenteuse chez l’animal traité lorsque l’exposition dépasse sa marge de sécurité ou rencontre une sensibilité particulière. Elle peut résulter de l’action pharmacologique elle-même, d’un métabolite, d’une formulation ou d’une interaction. Un médicament efficace n’est donc pas dépourvu de toxicité potentielle : bénéfice et risque varient avec la dose et le contexte.
Une marge de sécurité variable
Chez les poissons, l’exposition réelle dépend de la voie d’administration, de la consommation d’aliment médicamenteux, de la température, de la salinité et du renouvellement d’eau. L’espèce, le stade, l’état physiologique et les fonctions branchiale, hépatique ou rénale modifient également l’absorption, la distribution et l’élimination. Une dose tolérée dans une espèce ou à une température donnée ne peut pas être transposée mécaniquement à une autre situation.
Les études de sécurité chez l’espèce cible comparent plusieurs niveaux d’exposition et recherchent des effets cliniques, comportementaux, anatomopathologiques ou biologiques. Elles complètent les essais d’efficacité : un effet indésirable à dose thérapeutique et un surdosage ne décrivent pas la même situation. La pharmacovigilance recueille ensuite les événements observés en conditions d’utilisation, y compris les défauts d’efficacité et les effets liés à un usage hors autorisation.
Distinctions utiles
La toxicité pour le poisson traité se distingue de la présence de résidus dans les denrées et de l’écotoxicité du médicament rejeté dans l’environnement. Ces trois risques portent sur des organismes, des expositions et des critères différents. Leur évaluation peut conduire à des précautions d’emploi, à un temps d’attente ou à des mesures limitant les rejets, sans que l’un de ces éléments remplace les autres.