Aesthétasque
Un aesthétasque est une sensille olfactive portée par les antennules de nombreux crustacés. Son enveloppe laisse accéder des molécules dissoutes aux prolongements de neurones récepteurs. Ces structures participent à la détection des signaux chimiques dans l’eau, mais leur forme, leur nombre et leur organisation varient selon l’espèce et le stade de développement.
Une structure sensorielle spécialisée
Les antennules constituent la première paire d’antennes. Leurs aesthétasques se présentent souvent comme des soies regroupées sur une partie de l’appendice. Chaque sensille peut abriter plusieurs neurones récepteurs, dont les prolongements atteignent l’intérieur de l’enveloppe. Une soie visible sur un appendice n’est cependant pas nécessairement un aesthétasque : d’autres sensilles assurent des fonctions mécaniques ou chimiques différentes.
Les molécules odorantes doivent atteindre les surfaces réceptrices pour déclencher une réponse. L’espacement entre les soies, leur disposition et les mouvements de l’antennule influencent le renouvellement de l’eau autour d’elles. Les mouvements d’échantillonnage permettent d’interroger un signal dont la concentration et la distribution changent avec l’écoulement ; une odeur dans l’eau ne forme pas une piste continue et uniforme.
Olfaction et autres voies sensorielles
Les informations olfactives peuvent contribuer à la recherche de nourriture, aux interactions entre individus et à la détection de signaux de l’environnement. Leur rôle doit être établi pour l’espèce et la situation étudiées. Il ne se déduit pas seulement de la présence de sensilles ni d’une réponse mesurée à une molécule isolée.
D’autres appendices portent des récepteurs chimiques, notamment ceux impliqués dans les contacts avec une surface ou une proie. Les signaux issus de ces récepteurs et ceux des aesthétasques peuvent suivre des voies nerveuses différentes. Toucher une substance et détecter une odeur à distance ne constituent donc pas une seule modalité sensorielle.
État des antennules et interprétation
Le toilettage contribue à entretenir les surfaces sensorielles. Les sensilles et leurs neurones peuvent aussi être renouvelés au cours de la vie. Une diminution de réponse après manipulation doit être reliée aux structures touchées, à leur état et aux conditions de mesure. Elle ne suffit pas à conclure que l’animal a perdu toute capacité chimiosensorielle.