Amiidae
Les Amiidae sont une famille nord-américaine de poissons d’eau douce, seule famille actuelle de l’ordre des Amiiformes. Ses représentants vivants appartiennent au genre Amia. Ils occupent surtout des lacs, marais, bras morts et cours d’eau lents. Souvent qualifiés de « fossiles vivants », ces poissons appartiennent à une lignée ancienne, mais leurs populations et leurs caractères ont continué d’évoluer.
Caractéristiques
Les Amia possèdent un corps robuste et allongé, une tête couverte d’os dermiques et une très longue nageoire dorsale ondulante. La plaque gulaire médiane, située sous la mâchoire inférieure, aide à les distinguer de nombreux autres poissons nord-américains. La nageoire caudale arrondie paraît presque symétrique extérieurement, bien que son squelette conserve une organisation hétérocerque abrégée.
La respiration repose sur les branchies et sur une vessie natatoire vascularisée reliée à l’œsophage. Le poisson vient avaler de l’air en surface lorsque la température augmente ou que l’oxygène dissous diminue. Cette respiration aérienne accessoire améliore la tolérance aux eaux hypoxiques, sans supprimer la dépendance au milieu aquatique.
Prédateurs opportunistes, les Amiidae consomment poissons, écrevisses, insectes aquatiques et autres proies disponibles. Au printemps, le mâle prépare ou défend une dépression parmi la végétation, puis garde les œufs et accompagne les jeunes regroupés après l’éclosion. Ces soins parentaux augmentent la survie durant les premiers stades.
Taxonomie actuelle
Le genre a longtemps été traité comme monospécifique avec Amia calva. Une analyse phylogénomique fondée sur des données de séquençage et des caractères morphologiques a séparé deux lignées : A. calva dans le sud-est des États-Unis et A. ocellicauda dans les bassins du Mississippi, des Grands Lacs et du Saint-Laurent ainsi que plusieurs bassins voisins. La zone de transition se situe près du nord du golfe du Mexique, où une histoire de contact secondaire ou de tri incomplet des lignées est possible.
La reconnaissance de ces deux espèces illustre la différence entre ancienneté d’une lignée et absence de diversité récente. Les fossiles amiiformes documentent une diversité passée bien plus vaste que celle de la famille actuelle.