Vessie natatoire
La vessie natatoire, ou vessie gazeuse, est un organe rempli de gaz situé dorsalement dans la cavité corporelle de nombreux poissons osseux. Issue d’une évagination du tube digestif au cours du développement, elle réduit le coût énergétique du maintien dans la colonne d’eau. Sa présence, sa forme et ses fonctions diffèrent fortement selon les lignées.
Réglage du volume gazeux
Chez les physostomes, un conduit pneumatique relie la vessie au tube digestif. Le poisson peut alors avaler de l’air en surface ou évacuer du gaz par ce conduit, selon l’espèce et le stade. Chez les physoclistes, la connexion embryonnaire disparaît : le gaz est sécrété depuis le sang par une glande à gaz associée à un réseau vasculaire spécialisé, puis résorbé dans une région distincte.
La pression ambiante augmente avec la profondeur. Sans compensation, la compression ou la dilatation du gaz modifie le volume de la vessie et donc la flottabilité. Les changements rapides de profondeur peuvent dépasser la vitesse de réglage physiologique, particulièrement chez les physoclistes.
Fonctions associées
La vessie natatoire peut coupler les vibrations acoustiques à l’oreille interne et améliorer l’audition. Chez les Ostariophysi, les osselets de Weber assurent une connexion spécialisée entre la vessie et l’oreille. Des muscles peuvent aussi faire vibrer sa paroi et contribuer à la production de sons. Dans certaines lignées, l’organe est vascularisé et participe à la respiration aérienne ; chez d’autres poissons, il est réduit ou absent, notamment en relation avec le mode de vie benthique ou la flottabilité assurée autrement.
Troubles de flottabilité
Une position anormale dans l’eau ne constitue pas un diagnostic de « maladie de la vessie natatoire ». Elle peut résulter d’une distension digestive, d’une atteinte neurologique, d’une déformation vertébrale, d’un traumatisme, d’une infection, d’une masse interne ou d’un défaut de développement. L’examen de l’historique, de l’état général et de l’anatomie permet de localiser le mécanisme. La météorisation de la vessie, lorsqu’elle est réellement présente, décrit un excès ou une expansion de gaz et non l’ensemble des troubles d’équilibre.


