Astaciculture

L’astaciculture est la branche de l’aquaculture consacrée à la reproduction et à l’élevage des écrevisses. Elle peut viser la consommation, le repeuplement ou la conservation, selon l’espèce et le cadre réglementaire. Les animaux sont élevés dans des étangs, bassins ou systèmes plus contrôlés offrant eau de qualité, abris et ressources alimentaires adaptées.

Conduite d’élevage

Les techniques dépendent fortement de la biologie de l’espèce. La densité, la disponibilité des refuges, la température, l’oxygénation, la qualité de l’eau et l’alimentation influencent croissance, mues, cannibalisme et survie. Un ancien bassin, une cressonnière ou une gravière ne devient donc pas une installation astacicole par sa seule forme : l’étanchéité, les entrées et sorties d’eau, la maîtrise des échappements et la possibilité de récolte doivent être évaluées.

La reproduction comporte l’accouplement, la ponte, l’incubation des œufs sous l’abdomen de la femelle et plusieurs stades juvéniles. La synchronisation saisonnière, la fécondité et la durée d’incubation varient selon l’espèce et la température. Les refuges limitent les contacts lors des mues, période où la cuticule molle accroît la vulnérabilité au cannibalisme.

Risques sanitaires et écologiques

La peste de l’écrevisse est une infection due à l’oomycète Aphanomyces astaci. Elle concerne les espèces d’écrevisses sensibles et impose une biosécurité portant notamment sur les animaux, l’eau, le matériel et les effluents. Les transferts entre sites ne doivent pas être improvisés.

Le choix de l’écrevisse élevée doit aussi tenir compte de son statut réglementaire et de son potentiel invasif. Une espèce résistante ou productive peut transporter un agent pathogène ou s’établir après échappement. La production commerciale, le repeuplement et la conservation d’espèces patrimoniales répondent ainsi à des objectifs et à des contraintes distincts.

Dans l’Union européenne, plusieurs écrevisses élevées ou commercialisées historiquement, dont Procambarus clarkii, figurent sur la liste des espèces exotiques envahissantes préoccupantes pour l’Union. Leur détention, élevage, transport et mise sur le marché relèvent des restrictions et dérogations du règlement européen applicable ; une technique productive ne préjuge donc pas de sa licéité locale.

Écrevisse tenue entre les mains d’un opérateur près d’un plan d’eau

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