Batrachochytrium dendrobatidis
Batrachochytrium dendrobatidis, généralement abrégé Bd, est un champignon chytride qui infecte les tissus kératinisés des amphibiens. Il peut provoquer une chytridiomycose, maladie cutanée susceptible de perturber les échanges d’eau et d’électrolytes et d’entraîner la mort. L’infection et ses conséquences varient fortement entre espèces et individus : la détection de Bd ne signifie pas que chaque animal développera une maladie grave.
Agent et cycle biologique
Décrit en 1999, Bd appartient au genre Batrachochytrium. Son cycle comporte une zoospore mobile, dispersée dans l’eau, et un stade fixé qui se développe en zoosporange. Les thalles se développent dans les cellules de l’épiderme ; les zoospores issues des zoosporanges rejoignent ensuite la surface de la peau.
La distribution des tissus kératinisés change au cours du développement des amphibiens. Chez de nombreux têtards, l’infection concerne surtout les pièces buccales kératinisées. Après la métamorphose, une surface cutanée beaucoup plus étendue peut être concernée. Cette différence aide à comprendre pourquoi les résultats d’un prélèvement et les signes observés ne s’interprètent pas de la même manière chez une larve et un adulte.
Conséquences de l’infection
La peau des amphibiens participe aux échanges hydriques et ioniques. Son atteinte peut donc désorganiser l’équilibre interne, au-delà des seules lésions visibles. Le manuel de l’Organisation mondiale de la santé animale rapporte des travaux étayant le rôle de la perturbation des échanges électrolytiques dans les cas mortels. Toutes les étapes de la maladie ne se réduisent cependant pas à un mécanisme unique identique chez tous les hôtes.
La sensibilité varie entre espèces. Certains animaux portent une infection durable avec peu de signes, tandis que d’autres développent une maladie sévère. La température, le microhabitat et les conditions de maintien influencent également les interactions entre l’hôte et le champignon. Un résultat expérimental à une température donnée ne constitue pas une règle de traitement applicable à tout amphibien.
Signes et diagnostic
Une desquamation excessive, des changements de comportement ou des anomalies cutanées peuvent accompagner la maladie. Ces manifestations ne sont pas spécifiques et leur absence n’exclut pas une infection. L’examen d’un animal malade prend aussi en compte les autres causes possibles de lésions et de mortalité.
La recherche de Bd peut utiliser des prélèvements cutanés et des méthodes moléculaires, dont la réaction de polymérisation en chaîne quantitative. L’histologie permet d’observer les structures fongiques et les lésions. La qualité du prélèvement, les tissus accessibles et le stade de développement influencent la détection. Un test positif sur un écouvillon renseigne sur ce prélèvement ; il ne mesure pas, à lui seul, la gravité clinique ni l’état de tous les animaux du lot.
Transmission et maîtrise des échanges
La transmission peut se produire par contact entre animaux ou avec des zoospores présentes dans l’eau. Des animaux peu symptomatiques peuvent contribuer à maintenir l’agent. Les déplacements d’animaux et le partage de matériel humide relient ainsi des milieux qui seraient autrement séparés.
Les mesures de biosécurité et les investigations sanitaires se fondent sur l’espèce d’amphibien, le contexte et les analyses disponibles. Elles ne remplacent pas l’identification de l’agent : B. salamandrivorans est un autre champignon, avec des caractéristiques différentes. Aucun signe isolé ni protocole universel ne permet de confondre les deux infections.