Batrachochytrium

Batrachochytrium est un genre de champignons chytrides comprenant notamment Batrachochytrium dendrobatidis et Batrachochytrium salamandrivorans. Ces agents infectent la peau d’amphibiens et peuvent provoquer une chytridiomycose. Ils produisent des zoospores mobiles associées à leur dispersion dans l’eau. Le nom du genre désigne des organismes ; il ne constitue ni un diagnostic de maladie ni une indication de sensibilité identique pour tous les amphibiens.

Deux espèces à distinguer

B. dendrobatidis, souvent abrégé Bd, a été décrit en 1999. Son infection concerne de nombreuses espèces d’amphibiens, avec des conséquences très variables selon l’hôte et les conditions du milieu. B. salamandrivorans, abrégé Bsal, a été décrit en 2013 à partir d’une mortalité de salamandres tachetées aux Pays-Bas. Les expériences de cette description ont montré une maladie cutanée érosive et une mortalité chez les salamandres infectées.

La proximité des deux champignons ne les rend pas interchangeables. Leurs préférences thermiques et leur spectre d’hôtes diffèrent. La résistance d’un amphibien à une expérience menée avec Bsal ne prouve pas sa résistance à Bd, ni à toutes les souches du même agent. Les résultats propres à une espèce de champignon et à un hôte gardent cette portée.

Cycle et rôle de la peau

Chez Bd, le cycle décrit dans le manuel de l’Organisation mondiale de la santé animale comprend une zoospore mobile puis un thalle qui devient un zoosporange. Le développement se déroule dans les cellules de l’épiderme ; de nouvelles zoospores sont libérées à la surface cutanée. La distribution de l’infection dépend notamment de la présence de tissus kératinisés et du stade de développement de l’amphibien.

La peau intervient dans les échanges d’eau et d’électrolytes. Une atteinte cutanée peut donc avoir des effets généraux, même en l’absence de lésions importantes des organes internes. Toutefois, les lésions et les mécanismes étudiés pour Bd ne décrivent pas automatiquement ceux de Bsal. La fiche de chaque espèce précise les différences utiles.

Infection et expression clinique

Un animal infecté peut présenter des signes, mourir ou porter l’agent avec peu de manifestations visibles. L’apparition d’une maladie dépend de la sensibilité de l’hôte, de la charge infectieuse et des conditions environnementales. Une population apparemment saine n’est donc pas nécessairement indemne ; inversement, une mortalité d’amphibiens n’établit pas à elle seule la présence d’un Batrachochytrium.

Les lésions cutanées et les changements de comportement peuvent avoir plusieurs causes. Le diagnostic associe l’histoire du groupe, l’examen des animaux et des analyses adaptées. La détection de l’ADN par amplification moléculaire renseigne sur le prélèvement analysé ; l’identification de l’agent et l’attribution de la maladie restent des étapes distinctes.

Portée sanitaire

Le transfert d’animaux, d’eau ou de matériel humide peut contribuer à la circulation de ces agents. En élevage, en conservation ou sur le terrain, la séparation des lots et la maîtrise des échanges entre sites répondent à ce risque. Les méthodes d’analyse et les mesures sanitaires dépendent de l’agent recherché et des animaux concernés. Une mesure efficace pour Bd ne se transpose pas sans examen à Bsal, et un résultat négatif isolé ne garantit pas l’absence d’infection dans tout un groupe.

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