Biodisponibilité
La biodisponibilité désigne la part d’une substance qu’un organisme peut absorber et utiliser, ou qui atteint une cible biologique. Le sens précis dépend du domaine et de la mesure employée. Une concentration totale dans l’eau, un aliment ou un médicament ne renseigne donc pas, à elle seule, sur la quantité disponible pour l’organisme concerné.
Des définitions adaptées au domaine
En pharmacologie, la biodisponibilité concerne le principe actif d’une formulation. Le référentiel MeSH la définit par sa disponibilité au site d’action, ou dans un milieu biologique utilisé pour apprécier cette disponibilité. Une mesure dans la circulation renseigne sur l’exposition systémique ; elle ne représente pas automatiquement la concentration au niveau de chaque tissu.
Dans le domaine nutritionnel, la FAO distingue la proportion de nutriment ingéré qui est absorbée et utilisée par les voies métaboliques normales. La forme chimique, les interactions avec les autres constituants de l’aliment, sa préparation et les caractéristiques digestives de l’organisme interviennent dans cette définition.
Ces deux usages partagent la notion de disponibilité pour un être vivant. Ils ne permettent pas de transposer directement une valeur obtenue pour un médicament à un nutriment ou à un contaminant de l’environnement.
Substance présente et substance absorbable
Le Thésaurus INRAE retient une définition générale : la fraction d’une substance qui a la possibilité d’être absorbée et utilisée par le métabolisme d’un organisme. En milieu aquatique, cette distinction invite à séparer la concentration mesurée dans une matrice de la fraction effectivement accessible aux voies d’absorption.
Une fraction extraite par une méthode de laboratoire constitue un résultat opératoire. Elle ne démontre pas, sans validation biologique, que le poisson absorbera la totalité de cette fraction. La matrice, l’organisme, la voie d’exposition et le critère mesuré définissent ensemble la portée du résultat.
Interpréter une valeur
La biodisponibilité peut influencer la bioaccumulation, mais les deux termes ne sont pas synonymes. Le premier décrit une disponibilité ou un accès biologique ; le second décrit l’accumulation de substance dans l’organisme.
Une substance disponible n’est pas nécessairement toxique à la quantité rencontrée. Comparer des valeurs demande de conserver le même critère, la même unité et des conditions compatibles. Une estimation obtenue pour une espèce, une formulation ou une matrice conserve le domaine de validité du protocole qui l’a produite.
