Biomagnification

La biomagnification est une augmentation de la concentration d’une substance entre un organisme et sa nourriture, notamment entre un prédateur et ses proies. Elle décrit un transfert alimentaire, distinct de l’accumulation au cours du temps chez un seul individu. Une concentration élevée dans un poisson ne suffit donc pas à démontrer une amplification dans une chaîne alimentaire.

Apports alimentaires et élimination

L’organisme reçoit la substance en consommant des aliments contaminés. La concentration qui en résulte dépend de la quantité ingérée, de la fraction assimilée et des pertes par transformation ou élimination. La croissance modifie également cette concentration : une même quantité de substance répartie dans une masse corporelle plus grande donne une concentration plus faible.

La bioaccumulation considère les apports provenant de l’alimentation et du milieu. La bioconcentration décrit l’absorption depuis le milieu, en excluant l’apport alimentaire. Ces processus peuvent intervenir ensemble dans la nature ; leurs facteurs de mesure répondent pourtant à des questions différentes.

Mesurer un facteur de biomagnification

Le facteur de biomagnification, ou BMF, compare la concentration dans l’organisme à celle de sa nourriture. À l’état stationnaire, un rapport supérieur à un traduit une concentration plus élevée dans le consommateur, pour les matrices et les conditions comparées. Une concentration dans le poisson entier et une concentration dans un tissu particulier ne représentent pas la même mesure ; la base humide ou lipidique intervient aussi dans la comparaison.

L’essai alimentaire décrit dans la ligne directrice OCDE 305 comporte une phase d’exposition, puis une phase de dépuration avec un aliment non contaminé. Il permet d’estimer un BMF cinétique à partir de l’assimilation, de l’ingestion et de l’élimination. Les corrections liées à la croissance et à la teneur lipidique doivent être identifiées dans le résultat.

Du laboratoire au réseau trophique

Dans cet essai, l’exposition par l’eau est évitée. Le BMF obtenu ne se compare donc pas directement à un rapport mesuré sur le terrain, où alimentation et milieu peuvent contribuer à l’exposition.

Une comparaison entre espèces demande aussi des informations sur leurs proies, les tissus analysés et la période d’échantillonnage. Sans cette cohérence, un écart de concentration peut refléter des différences d’exposition ou de composition corporelle. La biomagnification ne constitue pas, à elle seule, une mesure de toxicité ni une preuve de dommage chez le prédateur.

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