Bouturer
Bouturer signifie prélever puis mettre en culture une partie d’un végétal afin qu’elle devienne une plante autonome. Par extension, en aquariophilie récifale, le verbe désigne le prélèvement et la fixation d’un fragment vivant de corail apte à cicatriser et à poursuivre sa croissance. Dans les deux cas, l’opération ne se résume pas à couper : elle comprend la reprise du fragment dans un milieu approprié.
Pour un végétal
La partie prélevée peut être une tige, une feuille ou une racine selon l’espèce. Pour dire qu’elle a été bouturée avec succès, elle doit rester viable, produire les organes nécessaires — souvent des racines adventives — puis reprendre une croissance autonome. Replanter n’importe quel fragment ne constitue donc pas automatiquement un bouturage.
Pour un corail
Bouturer un corail consiste à détacher ou préparer un fragment viable, puis à le fixer sur un support ou à le placer en pépinière. Le fragment peut former une nouvelle colonie physiologiquement distincte tout en conservant, sauf mutation, le génotype de la colonie donneuse. L’aptitude à supporter la fragmentation, la vitesse de cicatrisation et la croissance varient fortement entre espèces et conditions.
L’acte peut transmettre des parasites ou des agents infectieux et créer une lésion sur la colonie donneuse. Il exige donc une sélection sanitaire, des instruments adaptés et une traçabilité des génotypes dans les programmes de restauration. Le verbe « bouturer » ne décrit ni la reproduction sexuée ni une garantie de survie après transplantation.
Références
- Bellini C, Pacurar DI, Perrone I. Adventitious roots and lateral roots: similarities and differences. Annual Review of Plant Biology. 2014;65:639-666. https://doi.org/10.1146/annurev-arplant-050213-035645
- Page CA, Muller EM, Vaughan DE. Microfragmenting for the successful restoration of slow growing massive corals. Ecological Engineering. 2018;123:86-94. https://doi.org/10.1016/j.ecoleng.2018.08.017