Branchiospines

Les branchiospines sont des projections osseuses ou cartilagineuses fixées sur la face pharyngienne des arcs branchiaux, à l’opposé des filaments respiratoires. Elles guident l’eau et les aliments dans la cavité bucco-pharyngienne, limitent le passage de grosses particules vers les branchies et participent, chez certaines espèces, à la séparation ou à la concentration des particules alimentaires. Leur forme et leur nombre constituent aussi des caractères d’identification.

Position et structure

Sur un arc branchial, les branchiospines sont orientées vers le pharynx, tandis que les filaments branchiaux s’étendent vers la cavité respiratoire. Une branchiospine peut être longue, courte, aplatie, ramifiée ou réduite à un rudiment. Sa surface peut porter des denticules, des bourgeons gustatifs ou du mucus selon le taxon.

Le terme anglais gill raker est parfois traduit par « épine branchiale ». Cette traduction ne signifie pas qu’il s’agit toujours d’une pointe acérée. « Branchiospine » évite aussi la confusion avec les rayons ou les épines des nageoires.

Fonction alimentaire

Chez un prédateur qui avale de grandes proies, des branchiospines courtes et espacées peuvent contribuer à empêcher leur fuite vers les fentes branchiales. Chez certains planctonophages, des structures longues, rapprochées ou spécialisées participent à la filtration. Elles ne fonctionnent toutefois pas toujours comme un simple tamis : chez plusieurs poissons filtreurs, l’écoulement transversal concentre les particules et limite le colmatage sans que chaque particule soit arrêtée directement entre deux branchiospines.

La relation entre morphologie et régime reste probabiliste. L’espacement varie avec la croissance, et des espèces utilisant des mécanismes différents peuvent présenter des formes convergentes. Une branchiospine isolée ne permet donc pas d’inférer à elle seule l’alimentation d’un poisson.

Dénombrement et identification

Les clés taxonomiques précisent généralement l’arc, la face et le segment comptés. Le premier arc est fréquent, mais il ne constitue pas une règle universelle. Les éléments situés à l’angle peuvent être comptés avec la branche supérieure ou inférieure, et les rudiments inclus ou exclus selon le protocole. Un résultat n’est comparable que si cette convention est explicitée.

Le nombre, la longueur, l’espacement et l’ornementation sont employés en identification, en complément d’autres caractères méristiques et morphométriques. Leur valeur diagnostique correspond aux plages documentées pour l’espèce, la taille du spécimen et la convention de comptage utilisée.

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