Chytridiomycose
La chytridiomycose est une maladie infectieuse des amphibiens provoquée par des champignons du genre Batrachochytrium. Batrachochytrium dendrobatidis (Bd) atteint de nombreuses lignées d’amphibiens, tandis que Batrachochytrium salamandrivorans (Bsal) touche surtout les urodèles. Une infection détectée ne signifie pas toujours qu’une maladie clinique est présente.
Atteinte de la peau
Bd colonise les couches kératinisées de l’épiderme des adultes et surtout les pièces buccales kératinisées des têtards. Une prolifération importante peut perturber les échanges d’eau et d’électrolytes assurés par la peau. Les animaux malades peuvent présenter une mue anormale, une posture inhabituelle, une léthargie, une perte du réflexe de redressement ou une mort soudaine. Ces signes ne sont pas spécifiques.
Bsal provoque fréquemment des érosions et ulcérations cutanées chez les salamandres sensibles. La gravité varie selon l’espèce, la lignée du champignon, la température, le microbiote et l’intensité de l’exposition. Certaines espèces hébergent le pathogène avec peu de signes et peuvent contribuer à sa dispersion.
Diagnostic et maîtrise
La PCR quantitative sur écouvillon cutané est couramment utilisée pour détecter et estimer la quantité d’ADN du pathogène. L’histopathologie permet de relier les structures fongiques aux lésions. Le diagnostic de maladie associe donc les résultats analytiques, les lésions et le contexte clinique ou épidémiologique.
La maîtrise repose sur la quarantaine, le dépistage avant mouvement, le matériel dédié et une désinfection dont l’efficacité contre le pathogène a été démontrée. Les traitements et températures employés doivent rester compatibles avec l’espèce concernée. À l’échelle des populations sauvages, la chytridiomycose a été associée à des déclins majeurs, ce qui justifie des mesures empêchant le transport involontaire d’eau, de boue ou d’animaux contaminés.
