Clairance
La clairance est le volume théorique de plasma ou de sang dont une substance est éliminée par unité de temps. En pharmacocinétique, elle décrit la capacité d’élimination d’un organisme ou d’un organe. Elle s’exprime en volume par temps, éventuellement rapporté à la masse corporelle, par exemple en mL/min/kg. Ce volume est une grandeur calculée : il ne correspond pas à un prélèvement réel de liquide.
Élimination et concentration
Lorsque la cinétique est linéaire, la vitesse d’élimination est égale à la clairance multipliée par la concentration mesurée dans le compartiment de référence. Une même clairance peut donc accompagner une quantité éliminée par minute plus élevée lorsque la concentration augmente. La clairance n’est ni cette quantité, ni la proportion de dose déjà éliminée.
La référence au plasma ou au sang doit rester explicite. Une substance qui se répartit entre les cellules sanguines et le plasma n’a pas nécessairement la même concentration dans ces deux matrices. Les valeurs de clairance calculées avec chacune ne sont pas directement interchangeables. Les unités et une éventuelle normalisation par kilogramme doivent aussi être vérifiées avant une comparaison.
La clairance totale résulte des voies d’élimination pertinentes : transformation métabolique, excrétion rénale et autres pertes selon la molécule et l’espèce. La clairance d’un organe dépend notamment du débit qui le perfuse et de sa capacité à extraire la substance. Elle ne se confond pas avec un débit sanguin mesuré directement.
Calcul et hypothèses
Après une administration intraveineuse, la clairance totale peut être estimée par le rapport entre la dose et l’aire sous la courbe des concentrations, ou AUC, lorsque les conditions de l’analyse pharmacocinétique le permettent. Les prélèvements doivent décrire suffisamment la phase d’élimination ; une extrapolation importante de l’AUC rend l’estimation plus incertaine.
Après une administration orale ou une autre voie extravasculaire, le même rapport fournit généralement une clairance apparente, CL/F. F représente la biodisponibilité, c’est-à-dire la fraction de dose qui atteint la circulation systémique. Sans estimation de F, une variation de CL/F peut traduire une absorption différente plutôt qu’une modification de l’élimination.
La demi-vie dépend aussi du volume de distribution. Dans un modèle monocompartimental à élimination d’ordre un, elle vaut environ 0,693 fois ce volume divisé par la clairance. Cette formule exige les hypothèses du modèle ; une longue demi-vie ne prouve pas, à elle seule, une faible clairance.
Application aux poissons
Chez les poissons, l’espèce, la température, l’état physiologique et la voie d’administration influencent l’interprétation. Une exposition par l’eau peut combiner une entrée continue de substance et des échanges branchiaux. La concentration du bain ne représente alors pas une dose intraveineuse connue.
La comparaison de deux études demande des conditions d’exposition et des matrices comparables. Une clairance obtenue dans un protocole donné ne suffit pas à déduire une posologie, un temps d’attente ou la vitesse de disparition d’un résidu dans tous les tissus. Ces usages nécessitent des données propres à la substance, à l’espèce et aux conditions étudiées.