Clinal
« Clinal » qualifie une variation progressive d’un caractère biologique ou d’une fréquence allélique le long d’un gradient géographique ou environnemental. Le phénomène est un cline. Cette organisation spatiale ne correspond pas nécessairement à une frontière entre espèces ou populations nettement séparées.
Origines possibles
Une variation clinale peut résulter de la sélection selon la température, la salinité, la profondeur ou l’altitude, mais aussi de la dispersion, de la dérive, de l’histoire démographique ou d’un contact secondaire entre populations différenciées. Le caractère observé peut être morphologique, physiologique, comportemental ou génétique. Chez les organismes aquatiques, un estuaire, un courant, un front thermique ou une transition entre bassins peut structurer un tel gradient.
Un cline génétique décrit, par exemple, le changement de fréquence d’un allèle entre deux régions. Un cline phénotypique concerne une mesure comme la taille, la pigmentation ou une tolérance physiologique. Plusieurs caractères peuvent varier selon des pentes ou des centres différents, ce qui renseigne sur la sélection et les échanges de gènes.
Interprétation
Une corrélation géographique ne démontre pas une adaptation causale. L’échantillonnage réparti sur le gradient, l’analyse de la structure des populations et les expériences en environnement commun permettent de distinguer une composante génétique d’une plasticité phénotypique. La largeur, la pente et le centre du cline sont des paramètres utiles pour comparer les caractères ou suivre leur déplacement au cours du temps.
Un gradient apparemment continu peut masquer une zone hybride étroite, un obstacle à la dispersion ou un mélange de cohortes. Inversement, une variation irrégulière n’exclut pas une tendance clinale si l’environnement est lui-même hétérogène. Le qualificatif décrit donc une forme de variation observée, non un mécanisme unique.